MOUSSA KONATÉ : « LES GENS OUBLIENT QUE J’AI UNE TRAJECTOIRE AVEC CETTE ÉQUIPE »

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EQUIPE NATIONALE

A 25 ans, Moussa Konaté n’est plus le petit jeune qui arrivait dans la Tanière les yeux rivés sur les baskets. Aujourd’hui, sept ans après sa première sélection en Equipe nationale A, le 29 février 2012 face à l’Afrique du Sud, il fait désormais partie des tauliers du groupe d’Aliou Cissé dont il est devenu le buteur fétiche depuis sa brillante performance aux JO de Londres 2012 (5 buts en 4 matchs, 2e meilleur buteur derrière le Brésilien Damiao, 6 buts en 6 matchs). Pour autant, son efficacité en sélection est souvent pointée tant il est utilisé avec parcimonie (30 sélections dont 13 titularisations, pour 11 buts). Dans cet entretien, il parle de sa situation sous le maillot national, revient sur ses relations avec son entraîneur, Aliou Cissé, et évoque ses rapports avec la star des "Lions", Sadio Mané, avec qui il partage la même chambre depuis les sélections de petites catégories.

Moussa, vous profitez du regroupement à Mbour, chez vous, pour vous ressourcer...

Quand j’entre à Mbour, je me dis que je suis de retour dans mon fief. Là où j’ai connu le bonheur du football, de la vie de manière générale. Mbour, c’est tout pour moi. Vous imaginez le plaisir que je ressens lorsque je viens avec l’équipe nationale en regroupement. Cela montre qu’on fait partie des espoirs du pays.

 
Quel type de relation avez-vous avec Aliou Cissé ?

Ma relation avec Aliou Cissé est connue de tous. Ça a toujours été quelque chose de sincère. Sur le terrain, je suis toujours à l’écoute de ses consignes. Ce qui est normal dans la relation avec un coach. Mais c’est autre chose lorsqu’il s’agit de Aliou Cissé. Je peux dire qu’il est un père pour moi. Son amour pour le pays fait qu’il tient à celui qui se bat avec courage et détermination. C’est une relation de confiance. Pareil vis-à-vis des autres joueurs. A moi de lui rendre la monnaie. Quand les gens parlent de notre relation, ça peut être gênant tout comme ça peut être une fierté. Car parfois, cela peut être compris comme un coup de pouce. D’autre part, c’est comme si je faisais tout ce qu’il voulait. Maintenant, quelque soit alpha, ce qui m’intéresse c’est l’avancement du Sénégal. Je ne pense pas que j’ai une fois déçu le peuple lors de mes prestations. J’ai toujours répondu présent. Titulaire ou remplaçant, je fais toujours ce qu’on me demande de faire.

MES RAPPORTS AVEC SADIO MANÉ ET ALIOU CISSÉ

Je n’ai jamais senti un quelconque privilège. Les gens oublient que j’ai eu une trajectoire avec cette équipe. Je fais partie des buteurs. Si vous vous rappelez bien, à chaque fois que je viens ici c’est parce que je le mérite. Après, chacun peut interpréter les choses comme il veut. Ça ne me gêne pas. Ce qui importe, c’est que je fais mon travail et je rentre chez moi. Je ne vois pas quelqu’un de plus méritant que moi. Je suis un fils du pays. Si on devait tuer quelqu’un, j’en ferais partie.
 
La concurrence en attaque, comment la vivez-vous ?
 
Je ne pense qu’il s’agisse d’une concurrence. On est tous animé du même but – défendre les couleurs de la nation. Donc, il ne faut prendre les choses comme tel. Que ce soit Mbaye Diagne, Mbaye Niang ou même ceux qui ne sont pas venus, on est venu pour défendre le maillot national. Celui qui sera aligné remplira sa fiche de fonction. Avec courage. Autrement, marquer des buts s’il s’agit d’un attaquant. Le reste, le résultat, est du ressort de Dieu.
 
Depuis plusieurs années, vous avez également une relation tout particulière avec votre coéquipier Sadio Mané dont vous êtes l’un des plus proches. Comment appréciez-vous son niveau actuel ?
 
Cela ne date pas de 2012. Mais depuis 2009-2010 en petite catégorie. Beaucoup de gens ont remarqué notre relation chez les olympiques. C’est un frère. La vérité a toujours régné entre nous. Il n’y a pas de secret entre nous. Chacun travaille à faire avancer l’autre. Tout le monde a constaté ses performances. Son niveau d’aujourd’hui rend fier tout Sénégalais. On prie pour qu’il aille loin en Ligue des Champions. S’il la gagne, ce sera une bonne chose pour le Sénégal, les Sénégalais.

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