Mame Thierno Dieng : « La zone des Niayes ne peut pas servir ni pour l’agriculture ni pour l’habitat »

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Environnement

Le projet de loi portant création de la réserve urbaine naturelle des Niayes de Pikine a été adopté en Conseil des ministres tenu hier, mercredi 6 mars, le premier après la tenue de l’élection présidentielle du 24 février 2019 et la réélection du président Macky Sall avec 58,26 %, selon les résultats officiels proclamés par le Conseil constitutionnel. Interrogé par Radio Sénégal, Mame Thierno Dieng, le ministre de l’Environnement et du Développement durable, ne cache pas sa joie. D’autant qu’explique l’autorité de tutelle, « dans l’esprit, le décret vise à protéger au maximum cette zone de Technopole par un décret la hissant à un degré maximal de protection de réserve naturelle. » Ce, pour faire face aux attaques que subit l’écosystème. « Cela veut dire, décrypte-t-il, que la zone ne peut pas servir ni pour l’agriculture ni pour l’habitat. Mais qu’au besoin d’équilibre écologique indispensable à la région du Cap-Vert. » Aussi, assure-t-il, évoquant les dégâts occasionnés par les inondations ces dernières années « par la compromission de la fonction aspirante du Technopole de toutes les eaux de pluie vers cette zone de dépression. Si on compromet ce rôle-là, il est évident qu’on va vers des catastrophes écologiques telles que les inondations. »

Aujourd’hui, martèle le ministre, « c’est conscient de tous ces éléments qu’on s’est donné les moyens de le protéger au maximum car en fait il faut aussi reconnaître que certains promoteurs immobiliers privés, des opérateurs qui, détenteurs de baux plus ou moins légaux, se sont mis à compromettre le rôle de la zone en faisant des remblais et en y érigeant des bâtiments. Donc, pour mettre un terme à tous ces éléments de compromission du rôle du Technopole que le président de la République nous a instruits d’élaborer un décret de classement qui protège au maximum » ce plateau « très important en termes d’ornithologie (avec) plus de 360 d’espères d’oiseaux migrateurs qui viennent à une certaine période de l’année pour s’y reproduire », entre autres avantages qui font que « l’ensemble contribue à lutter contre le réchauffement climatique. »

Ainsi, les promoteurs déjà installés seront déguerpis, avertit Mame Thierno Dieng, soulignant que « certains parmi eux, ont été pris sur le terrain entrain de remblayer et ils sont actuellement aux arrêts. Ce qui montre la détermination des autorités à mettre un terme à ce qui peut être considéré comme un scandale écologique. »

A travers cette décision, le Sénégal, qui possède la deuxième zone humide d’importance mondiale que constitue le Parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD), se conforme à la convention régissant toutes les zones humides, procurant à l’humanité 40% de l’eau potable consommée. Le décret déjà signé, « il reste à réfléchir sur la mise en œuvre », souligne le ministre de l’Environnement.

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