Mariama Togo Gindo, la mère de Ibou Diop, raconte la mort de son fils

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VIOLENCES À TAMBACOUNDA

L’évidence sonne triste : la mort atroce du jeune Ibrahima Diop a meurtri sa famille. Sa femme et sa mère surtout. Vingt-quatre heures après ce drame singulier qui a remporté le jeune tailleur de 31 ans et qui continue de secouer le pays, les femmes de sa vie sont inconsolables.

Dans un entretien avec le quotidien L’Observateur, la mère du défunt Ibrahima Diop, Mariama Togo Guindi a tenu, malgré la douleur du deuil qui l’étreint, à témoigner sur son fils. A parler de son Ibou qu’il a vu naitre il y a 31 ans, avant de le voir mourir, sous ses yeux, lundi dernier, gisant de son sang.
« Le jour des faits, j’ai entendu des bruits assourdissants venant de chez notre voisin Vieux Ndiaye. Je me suis déplacée pour m’enquérir de la situation. Sur place, j’ai vu des hommes en cagoule en train de jeter des pierres au domicile de Ndiaye. Certains brandissaient des machettes et des poignards. Vieux Ndiaye m’a fait savoir que ce sont des éléments de la sécurité du PUR qui sont venus déchirer leurs affiches. Je les ai calmés. D’ailleurs, l’un des responsables locaux du Pur, notamment Ousmane Diop, est même venu leur dire que ce sont les éléments de la sécurité qui ont tort. J’ai vu de mes propres yeux des éléments de la sécurité du Pur qui tabassaient Djiby et un des enfants de Vieux. Un autre a brandi une pierre pour la lancer à Founé, la femme de Vieux. Heureusement quelqu’un s’est interposé », explique Mariama Togo Guindo.

Au bord des larmes la mère poursuit : « Après m’être déplacée vers le poteau de l’autre côté, pour éviter d’être blessée, le menuisier Pape Niaye est venu me dire que des éléments de la sécurité du Pur se sont rués sur Ibrahima. C’est à cet instant que j’ai fait le tour pour aller le voir. Sur place, j’ai vu Ibrahima couché devant la mosquée, baignant de son sang. J’ai ouvert ses yeux et j’ai constaté qu’il était déjà mort. Ils lui ont donnée trois coups de couteau au dos, à la gorge... c’était dur à voir, triste à digérer. J’avais beaucoup d’espoir en lui, de même que son épouse, ainsi que ses frères. C’est la veille de sa mort que je suis rentrée à Dakar. J’ai interpellé le gouverneur pour que des dispositions soient prises.

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