Me PAPE SÈNE, PDT CSDH : « NOUS AVONS DES PRISONS QUI DATENT DE L’INDÉPENDANCE »

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SURPEUPLEMENT CARCÉRAL

Me Pape Sène, le président du Comité sénégalais des droits humains, exprime ses regrets suite à la mort des deux (2) détenus, mardi dernier, 27 août, à la Maison d’arrêt de Rebeuss. Invité du midi de Radio Sénégal, l’avocat déplore la surpopulation carcérale, et la vétusté des établissements pénitentiaires du Sénégal. Toutefois, il a salué les mesures judiciaires prises dans le cadre de la réforme de la carte judiciaire entamée par les autorités.

La Communication de l’Administration pénitentiaire
« Il faut féliciter le directeur de la prison qui a pris les devants pour éclairer les Sénégalais. Je crois que l’administration pénitentiaire a bien fait, dès que l’incident s’est produit, de sortir un communiqué pour non seulement annoncer les décès mais également sur les circonstances des décès. Le plus important dans cette affaire, c’est qu’à la fin du communiqué, le directeur de l’Administration pénitentiaire a informé qu’une autopsie va être effectuée sur les corps, et qu’une enquête est également ouverte. »

Cohabitation entre jeunes et adultes
« Il est vrai qu’aujourd’hui, si ces prisons avaient une certaine capacité qui leur permettrait de pouvoir faire une classification ou de pouvoir séparer les adultes des jeunes, cela serait mieux. Dans le contexte actuel, nous avons déjà des prisons qui ont dépassé leur capacité. Ce serait très difficile de faire des modifications comme ça. Mais il est évident qu’aujourd’hui, il y a une séparation nette entre les détenus mineurs et les détenus majeurs parce que vous avez le fort B, qui accueille l’ensemble des détenus mineurs. Dans le cas d’espèce, ce sont des jeunes qui ont atteint l’âge de la majorité (les défunts Babacar Mané, 19 ans et Cheikh Ndiaye, 18 ans). Effectivement quand ils sont majeurs, ils peuvent bel et bien cohabiter avec les personnes majeures. »

Surpeuplement, principal problème des prisons
« Il y a des problèmes dans nos prisons, et le premier est le surpeuplement. Aujourd’hui, il faut, de la part des autorités, un certain nombre de mesures. Il y a, au niveau national, des réformes avec la réhabilitation des quartiers des femmes à Thiès. A Foundiougne également, il y a eu la réhabilitation d’un certain nombre de chambres. Je crois que la prospective de réhabilitation des prisons permettra de pouvoir accueillir de façon humaine et digne, des détenus. »

Construction de nouvelles prisons
« C’est une volonté réelle du président de la République, (Macky Sall), de construire une nouvelle prison à Diamniadio. La prison annoncée à Sébikhotane permettra de désengorger Reubeuss. Que cette politique de construction de nouvelles prisons soit étendue sur toute l’étendue du territoire national. Parce que nous avons des prisons qui datent de l’Indépendance. Aujourd’hui, au-delà de la réhabilitation, il faut penser effectivement à créer de nouvelles prisons conformes au standard international. Que cette volonté soit matérialisée. Maintenant, on ne peut pas se départir totalement de la croyance selon laquelle quiconque construit une prison, y séjournera le premier. Au-delà de cette croyance, le Sénégal a ratifié la convention internationale contre la torture et le traitement inhumain et dégradant. C’est cela qui doit aujourd’hui, être notre bréviaire pour aller vers la construction de nouvelles prisons. »

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