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NGOUDA MBOUP CONTREDIT ISMAÏLA MADIOR FALL

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Selon le Pr Ismaïla Madior Fall, il y a une impossibilité structurelle d’avoir une cohabitation au Sénégal. Invité du JDD, ce dimanche 7 août, son collègue universitaire, Mouhamadou Ngouda Mboup a défendu le contraire. « La cohabitation pourrait bien se réaliser », a-t-il dit, ajoutant que « la cohabitation, c’est lorsque le président de la République perd la majorité à l’Assemblée nationale. » L’opposition, réunie, engrange 83 sièges, aux dépens de la Coalition au pouvoir, qui a perdu la majorité absolue, chutant de 125 à 82 députés.

Sauf qu’en l’état, a-t-il précisé : « on n’est pas forcément dans une situation de cohabitation ». Parce que « pour pouvoir être majoritaire véritablement à l’Assemblée nationale et imposer cette cohabitation, il faudrait que l’opposition se réunisse ». Il retient également que le pouvoir et l’opposition, renvoyés « dos à dos » par les électeurs, sont tenus de dialoguer pour « la stabilité » du pays.
« Pour ce qui est du vote (du Budget), ce sera très serré. Quand le président de la République dispose de 82 députés, il suffit de trois voix près pour que ça puisse basculer de l’autre côté et qu’il n’y ait pas la possibilité pour lui de pouvoir gouverner. Maintenant, le président de la République détient les cartes en main parce que la Constitution lui donne les pouvoirs. À ce niveau, ce sera très difficile pour l’opposition de pouvoir contre-carrer la volonté du président de la République. Parce que là, l’opposition doit adopter la loi avec une majorité renforcée. La Constitution donne une autre prérogative, c’est que le président de la République pourrait faire fonctionner le budget par décret ».
D’ailleurs, « pour les deux premières années, le président de la République ne peut pas dissoudre l’Assemblée nationale ». En face, l’opposition ne pourra déposer, durant une session, qu’une motion de censure, qui requiert la majorité « absolue » des voix.

Pour lui, « il faudrait que les acteurs politiques soient au-dessus de la mêlée et être à un niveau surtout pour que l’intérêt supérieur de la nation l’emporte » parce que « s’ils ne le font pas, ils risquent de se regarder en chiens de faïence ». Il estime, dès lors, que le président Macky Sall pourrait en prendre l’initiative, « en appelant Khalifa Sall, Abdoulaye Wade, Ousmane Sonko…, ne serait-ce que pour consultation ».

Die BA
Abdoulaye SYLLA (photo)

7 août 2022


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