NIARY TALLY DEMANDE À MACKY SALL D’ÉLARGIR L’HEURE DU COUVRE-FEU

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REPORTAGE

Jeudi 7 janvier 2021, lendemain des échauffourées qui ont éclaté entre les forces de l’ordre et les jeunes qui sont contre l’état d’urgence assorti de couvre-feu décrété. Nous sommes à Niarry Tally. Ici, les habitants se sont réveillés groggy à cause des manifestations de la veille qui les ont empêchées d’avoir une nuit paisible.

Sur place, les stigmates des manifestations sont visibles. Une fumée noirâtre, provoquée par les pneus calcinés, embaume toujours l’atmosphère. Des débris de carreaux cassés jonchent le sol. Trouvée aux abords de l’espace réfectionné en « jardin », un groupe d’individus discute. L’ambiance est bon enfant. Ça rigole par-ci, ça débat par-là. Mais, la remarque est frappante. Les mesures barrières ne sont pas respectées malgré la propagation de la maladie du coronavirus. Ici, les masques sont tombés. Rares sont ceux qui les ont portés correctement. Certains le mettent sous le menton ou couvrent seulement la bouche laissant en l’air le nez.

Serigne Diop est membre de ce groupe. Résidant à Bene-Tally, il marque son désaccord avec l’heure qui a été choisie pour le démarrage du couvre-feu. Nonobstant, il souligne que la mesure doit être respectée puisqu’elle émane du président de la République.

A son avis, les manifestants sont des jeunes inconscients cherchant à troubler la quiétude des gens. « Ces jeunes, il y en a d’entre eux, ce qui les intéresse c’est vadrouiller, se pavaner un peu partout mais ceux qui sont vraiment responsables, qui se lèvent tous les jours pour aller au travail, n’ont pas le temps de s’adonner à ces pratiques », a-t-il déclaré.

FLAMBÉE DES PRIX DU TRANSPORT

Un point de vue partagé par Pape Maguette Sarr. Ce dernier, maçon de son état, pense que l’état d’urgence doit être respecté, même si, déplore-t-il, certains considèrent que c’est une décision imposée aux populations. Les conséquences de ces manifestations se font déjà ressentir. Les taximen ont fait grimper les tarifs pour les trajets menant à Niarry-tally et Grand-Dakar. Situation qu’a vécu une vendeuse dans une boutique d’habits qui a souhaité garder l’anonymat. « Je quitte Ouakam pour venir travailler et je prends le taxi. En venant aujourd’hui, juste à cause des manifestations d’hier, le prix du taxi a doublé, au lieu de 2.000 F CFA, c’est 4.000 F CFA ».

Cheikh Diouf, taximen de son état déplore les événements qui ont eu lieu dans la nuit du mercredi dans son quartier. « Ces manifestations sont à éviter parce que ces pneus qu’ils brûlent dégradent la route et ce sont des infrastructures dans lesquelles le Sénégal a investi beaucoup d’argent ».

Trouvée dans son lieu de travail, cette gérante de multiservices est soulagée. Elle n’a pas dormi du sommeil du juste parce qu’elle pensait que sa boutique serait dévalisée par les voleurs qui profitent de ces évènements pour commettre leur forfait. « Il n’en était rien comme j’ai pu le constater à mon arrivée ce matin », dit-elle, rassurée. Fatou elle, ne semble pas du tout inquiète parce qu’elle fait de son maximum pour ne pas être dehors à l’heure du couvre-feu.

En revanche, elle souhaiterait que le Président de la République « ajuste l’heure et que le couvre-feu commence à partir de 23 heures ». Pour cette élève, ses préoccupations se trouvent chez les parents qui travaillent pour pouvoir payer le loyer et gérer les autres dépenses de leur famille. En attendant que la population s’y fasse, l’Etat ne semble pas vouloir les laisser faire là puisque l’armée est aussi appelée en renfort.

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