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NON GUY ! LE CONCOURS DE L’ENA EST TRANSPARENT, CRÉDIBLE ET N’EST PAS CLIENTÉLISTE

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Le 25 septembre 2022, sur sa page Facebook, le Député-activiste honorable Guy Marius Sagna a fait une publication dont la teneur du titre suit : « savez-vous que le concours de l’Ecole nationale d’Administration (ENA) n’est pas transparent, n’est pas crédible et est devenu clientéliste ? ».

Dépité par les arguments soulevés par le Député, il est de notre devoir de faire quelques précisions pour éclairer la lanterne de l’opinion publique (abstraction faite des commentaires sur la décision de justice qui sera un exercice de commentaire d’arrêt)

Sur la supposée absence de TRANSPARENCE, il convient de souligner que le concours d’entrée à l’ENA est organisé et encadré par des règles strictes. La transparence est de rigueur tout au long du processus, de l’ouverture du concours à la proclamation des résultats définitifs.

D’abord, l’ENA est régie par un décret (décret n° 2011-1704 du 6 octobre 2011 portant création de l’Ecole nationale d’Administration) et fixant ses règles d’organisation et de fonctionnement). L’ouverture ainsi que les programmes du concours sont annoncés par arrêtés pris par le Premier Ministre (ou le Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, lorsque le poste de Premier Ministre était supprimé). Lesdits Arrêtés sont publiés au journal officiel et font l’objet d’une large diffusion par le canal du site officiel de l’ENA (www.ena.sn) et des réseaux sociaux. Les informations relatives au calendrier des différentes épreuves, au nombre de places à pourvoir et aux programmes sur lesquels les candidats seront évalués y sont clairement mentionnées, dès l’annonce de l’ouverture du concours. Ainsi, avec l’existence des textes susmentionnés, nul ne peut invoquer une asymétrie de l’information. Le principe d’égal accès à l’information n’est-il pas respecté ?

Ensuite, dans le déroulement du concours, le principe d’égalité de traitement des candidats est mis en avant lors des épreuves d’admissibilité. Tous les candidats, placés dans la même situation (direct ou professionnel), sont mis au même niveau d’égalité. Le concours se déroule aux mêmes jours et heures. Les épreuves, sous enveloppes fermées, sont dépliées publiquement et distribuées aux candidats. Les copies sont remises aux correcteurs sous anonymat. Le correcteur ne peut avoir aucune information relative au candidat. Les notes sont attribuées en considération de la qualité de l’argumentaire du candidat et non de sa personne. A la proclamation des résultats des épreuves d’admissibilité, ne sont admissibles que les candidats ayant obtenu une moyenne supérieure ou égale à dix sur vingt (10/20) et un procès-verbal signé par les membres du jury du concours est dressé à cet effet.

Aux épreuves d’admission définitive, avant l’entretien avec le jury, les candidats du cycle A sont soumis aux épreuves de rédaction d’une note de synthèse. Dans cette phase, la procédure est la même que celle suivie durant les épreuves d’admissibilité. Aux épreuves orales, à la fin de l’entretien avec chaque candidat, de façon contradictoire, le jury délibère, séance tenante, et lui attribue une note.

Enfin, à la proclamation des résultats définitives du concours, il est fait une synthèse des moyennes obtenues aux épreuves d’admissibilité et d’admission. En fonction du nombre de places à pourvoir, sont déclarés admis les candidats ayant obtenu les meilleures moyennes. Là également, un procès-verbal signé par tous les membres du jury est dressé, publié et partagé.

Au regard du processus retracé ci-dessus, il y’a un effort de transparence qui est fait. Quand bien même, il serait tenté de la remettre en cause, la crédibilité attachée au concours permettra de conforter cette exigence de transparence recherchée.

Sur les accusations d’incrédibilité, quelques précisions s’avèrent nécessaires, pour les battre en brèche. En effet, les épreuves d’admissibilité du concours de l’ENA, hormis celles relatives aux test psychotechniques, ne relèvent pas des sciences exactes. Elles portent sur les sciences sociales (Droit, Science politique, Economie, etc.). A priori, aucun candidat ne peut avoir la certitude d’avoir bien posé et répondu aux véritables problématiques. A l’entretien, le jury du concours de l’ENA, nommé par arrêté du Premier Ministre, a une composition hétérogène. En effet, ses membres sont composés, entre autres, de professionnels des 7 sections (Administration générale, Diplomatie, Enquêtes économiques, Impôts et Domaines, Travail et Sécurité sociale, Trésor et Douanes), de professeurs des universités, d’un Inspecteur général d’Etat, d’un psychologue… Lors des épreuves orales, en sus d’une évaluation objective des connaissances du candidat, il y a un test de personnalité. L’entretien avec le jury prend en compte des facteurs subjectives liées à la moralité, la probité, la psychologie et le comportement du candidat. A l’image de l’entretien d’embauche dans le privé, l’employeur (l’Etat), représenté par le jury, juge les capacités du candidat à occuper un emploi. Il décide souverainement de retenir tel ou tel candidat par l’attribution d’une note laquelle sera compilée avec celles obtenues dans les épreuves précédentes. Quand bien même le candidat aurait obtenu de bonnes moyennes, ne seront retenus que ceux ayant les meilleures : c’est tout le sens d’un concours, à la différence d’un examen où il y’a une moyenne exigée pour réussir. Donc obtenir de bonnes notes ne garantit pas de facto la réussite à un concours.

Par conséquent, vouloir expliquer la cause d’un échec par une réponse donnée à une question est tout simplement fantaisiste et hérétique.

Sur le prétendu caractère clientéliste du concours, il ne repose sur aucun argument objectif qui laisserait présager cela. Les énarques viennent du peuple. Ils sont sénégalais. Si vraiment l’ENA était clientéliste, le fils de boulanger, le diplômé docker, l’étudiant gréviste, ou le cultivateur venu d’une contrée lointaine du Sénégal n’y auraient jamais accès. Tellement les demandes de candidatures sont importantes et les nombres de places à concourir trop limités. Certaines personnes intègres et nobles ont décliné des pré-inscriptions à l’étranger, d’autres sont rentrés au pays après leurs études, pour réussir à ce concours très sélectif. Des candidats animés par la volonté de servir le pays ont dû quitter leurs postes dans le privé pour intégrer l’administration à travers la prestigieuse ENA.

Au lieu de discréditer l’ENA en entachant le mérite, l’effort et la détermination de milliers de personnes pour justifier son échec, il serait mieux de se remettre en question. L’être humain est souvent enclin à trouver justification à son échec au lieu de se remettre au travail. Seule la sueur est le carburant de l’avenir.

ndiayelejuriste@gmail.com

26 septembre 2022


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