« NOUS N’AVONS PAS À OBSERVER DES ÉLÉMENTS QUI ONT À VOIR AVEC LE PROCESSUS JUDICIAIRE »

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MISSION D’OBSERVATION UE À DAKAR

Il n’est pas question pour la mission d’observation de l’élection présidentielle du 24 février 2019 au Sénégal de l’Union européenne (UE) de s’immiscer dans les questions judiciaires. La précision est faite par Elena Valenciano, cheffe observatrice de ladite mission. Ce, par rapport aux cas de Karim Wade et Khalifa Sall recalés par le Conseil constitutionnel. Elena Valenciano et son équipe composées de Gilles Saphy, chef observateur adjoint, Denis Petit, expert électoral, ont fait face à la presse, ce lundi 28 janvier. Ils se sont également prononcés sur les questions liées au parrainage, au fichier électoral, aux ’’fake news’’ (fausses informations), à la tension préélectorale.

Dossiers Karim Wade et Khalifa Sall

« Notre intérêt n’est que celui d’essayer d’améliorer les processus d’élections dans les différents pays où on se déploie. Nous pensons qu’en observant de très près tout le processus avec toutes les perspectives, on peut faire des recommandations pour améliorer les éléments du processus. La valeur ajoutée, c’est que nous écoutons de très près parce que l’observation est indépendante, neutre et impartiale. Nos observateurs internationaux travaillent sous un code de conduite très strict sur ce que l’on peut faire et ce que l’on ne peut pas faire. Ce que l’on doit faire et ce que l’on ne doit pas faire. Par exemple, nous ne nous immisçons pas sur le processus judiciaire dans les pays où nous travaillons. C’est des pays qui ont leur propre système d’équilibre des pouvoirs et nous n’avons pas à observer les éléments qui ont à voir avec le processus judiciaire quelconque. Nous pouvons constater qu’il y a des processus qui, bien-sûr, génèrent des problèmes dans le pays au moment des élections mais dans le fond du processus judiciaire légal, il est évident que nous n’avons rien à dire. Le Sénégal est un pays indépendant et autonome. Finalement, nous sommes des observateurs indépendants. Nous n’avons rien à dire sur ça. »

Parrainage

« Nous savons, qu’en effet, il y a eu des problèmes avec le système de parrainage ainsi que la distribution des cartes. C’est sur la base des informations que les observateurs vont recueillir qu’on pourra émettre une opinion. Par rapport au parrainage c’est un système que nous jugeons absolument valable. C’est au niveau de la mise en application puisque c’est la première fois qu’on applique ce système qu’il y a du avoir quelques problèmes. Mais, on vérifiera tout cela pendant notre travail ces prochaines semaines. »

Tension préélectorale

« La violence est toujours un élément d’instabilité. J’espère que tous les acteurs du processus électoral, les uns et les autres, vont comprendre que pour avoir des élections libres et pour que le citoyen se sente concerné étant donné ce qui est le plus important dans des élections, c’est la participation des électeurs, c’est l’objectif de n’importe quelle élection. Donc, il ne doit pas y avoir de violence. Ils peuvent très bien travailler dans un climat de paix et de tranquillité. Il faut absolument essayer de maintenir un climat de non-violence toujours et pendant les élections encore plus. La violence détourne les citoyens du processus électoral. »

Fichier électoral

« Nous devons observer si le système respecte la neutralité. C’est une des observations que nous devons faire dans toutes les élections que nous observons. Le fait est que le ministre de l’Intérieur est le responsable des élections, c’est le cas dans beaucoup de pays du monde. Cela ne veut pas dire que la neutralité n’est pas assurée. Dans mon pays par exemple, l’Espagne, c’est le ministre de l’Intérieur, le responsable aussi des élections. Nous allons d’ailleurs observer de près tout le fonctionnement du processus. Toutes les actions qu’il faut mener jusqu’à l’élection. Nous allons émettre nos observations pour voir si la neutralité a été respectée ou pas. »

Fake news

« Nous avons un observatoire des médias. Il s’agit de l’unité de monitoring qui est intégrée dans la mission observatoire de l’UE, comme dans toutes les missions, qui comporte environ sept (7) personnes et qui fait le monitoring des médias pendant la campagne. L’unité observe aussi les réseaux sociaux. Nous sommes conscients du phénomène des ’’fake news’’. On va tenir en compte ce comportement sur les réseaux sociaux qui forme déjà une importante partie dans la communication des politiques. »

Programme de la mission

Dans le cadre de sa mission, l’UE va déployer 28 observateurs dans l’ensemble des 14 régions administratives du Sénégal pour « assurer » le suivi de la phase pré-électorale et de la campagne électorale, de la distribution des cartes d’électeurs, des préparatifs et du déroulement du scrutin ainsi que la compilation des résultats. C’est dans ce sens qu’ils vont rencontrer dans leurs zones d’observation les acteurs de l’élection présidentielle, candidats, partis politiques, coalitions, administration électorale, membres des bureaux de vote, société civile et médias. Deux jours après le scrutin, le 26 février, la mission présentera ses observations et conclusions lors d’une conférence de presse. Déjà formée et organisée, l’équipe d’Elena Valenciano s’est déjà réunie avec le Conseil constitutionnel. Les Observateurs déployés depuis, hier, démarrent aujourd’hui le travail.

« Cependant, sur ces processus, on fait une analyse à postériori sur la base de nos observations sur le terrain mais aussi sur la base de ce qu’on va observer le jour du scrutin et en ce qui concerne les possibilités effectives sur l’électorat de s’exprimer. Nos observateurs sont partis hier. Des éléments qu’ils vont analyser dans les prochains jours avec la distribution des cartes parce que c’est une des questions soulevées aussi bien par l’opposition que par certains membres de la société civile. C’est un point qui a été relevé lors de la visite de la mission conjointe de la CEDEAO et des Nations unies. Nous nous baserons sur les constations de nos observateurs, pour bâtir notre opinion sur ces questions », déclare la cheffe observatrice.

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