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« NOUS NE SERONS PAS DES MARIONNETTES »

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Tête de liste des suppléants de Yewwi Askan Wi (YAW), Oumar SY a quitté l’ombre pour la lumière, à la faveur de l’invalidation de la liste des titulaires de la Coalition de l’opposition dirigée par Ousmane Sonko. Il se prépare à siéger à la 14e législature qui sera installée à la mi-septembre, malgré ce qu’il qualifie de « décision politico-juridique partisane ». Ce n’est pas pour autant que le Secrétaire administratif de la commission nationale électorale au sein de YAW compte laisser les leaders de la Coalition de l’opposition tirer les ficelles permettant de diriger des marionnettes. L’Inspecteur-auditeur en sûreté de l’Aviation civile l’a fait savoir devant le Jury du dimanche (JDD), ce 21 août.

« Réfléchir ensemble »
« Les députés que nous sommes issus de la liste nationale ou des départements que nous avons gagnés, nous allons porter ce même projet pour que l’Assemblée nationale puisse répondre aux aspirations des populations. Ça ne change en rien le fait que les leaders soient écartés. Au contrairement, cela nous donne plus de détermination dans ce que nous avons comme travail au niveau de l’Assemblée nationale », a-t-il campé. Tout en rappelant qu’il est loin d’être un novice en politique : « Je suis issu d’une famille politique. Parce qu’Alé Badara SY qui est le grand-frère de même père et de même mère de mon père a été le premier adjoint de la Mairie de Linguère, et qui a régné pendant presque 15 ans à ce poste, parce que comme vous l’avez dit, mon oncle (feu Maguette LO) qui était maire titulaire occupait de hautes fonctions (au sein) de l’État. De ce point de vue-là, je considère que je ne suis pas novice. C’est après que Habib SY, (ancien ministre sous Wade) est arrivé. Bien entendu nous l’avons accompagné. J’étais à la périphérie, je n’étais pas au cœur. C’était un choix. »

Interrogé sur son état d’esprit pour cette nouvelle législature, il a ainsi répondu : « Nous sommes sereins. Parce que simplement nous avons la ferme conviction que ce qui nous arrive aujourd’hui n’est pas le fait du hasard. D’abord, dans un premier temps, je l’ai dit en disant que c’est une décision politico-juridique partisane qui nous a amenés à cette situation. Mais pour autant, nous sommes dans un état d’esprit pour dire nous nous sentons aujourd’hui investis d’une mission du peuple, qui est de travailler au service exclusif des populations. Cette mission là nous comptons l’assumer pleinement avec bien entendu le soutien et l’appui des leaders de la Coalition (YAW). »

« L’innovation peut venir de nous »
Il enchaîne : « en réalité, nous sommes dans le cadre d’une Coalition, on ne pourra pas se passer, et ce ne serait même pas intelligent, de l’expérience parlementaire de certains leaders, leur expérience professionnelle, et de leur vécu politique. Nous allons effectivement profiter de cette aubaine. Mais dans cette Assemblée, l’innovation peut aussi venir d’en bas c’est-à-dire que c’est nous les députés qui allons mettre la main à la pâte. L’innovation peut venir de nous bien entendu comme l’innovation peut venir du top management c’est-à-dire de la Conférence des leaders. Quelle que soit la situation, nous sommes dans une Coalition. Donc, nous sommes appelés à réfléchir ensemble avec les leaders et que toutes les bonnes décisions que nous pensons être au bénéfice des populations, nous allons les mettre en œuvre. Bien entendu c’est nous qui allons les porter. Les décisions se prennent de façon collégiale. Les conditions de vie des Sénégalais seront discutées à l’Assemblée nationale. Notre avis comptera certainement.

Vous ne serez pas là juste comme des marionnettes ? « Ça ne peut pas être cela. Parce que nous aussi nous avons un vécu. Nous avons une expérience, nous avons des compétences mais comme je l’ai dit nous ne pouvons pas nous passer de cette expérience qui pourra nous servir dans le cadre de notre législature. Ça, il faut que les gens le comprennent. Ce n’est pas une façon de nous dédouaner. C’est une façon de dire simplement que (YAW) est une Coalition de propositions. C’est un projet et ce projet, il est porté bien entendu par des hommes et des femmes mais tout cela se fera de façon démocratique et effectivement toutes les décisions qui vont sortir de ces discussions nous servirons effectivement à mener à bien notre mandature », a-t-il insisté.

« Je n’ai pas l’envergure politique de Ousmane Sonko mais… »
Fort de ce fait, le membre du parti de l’Espoir et de la Modernité, fondé par Habib Sy, son frère aîné, a ainsi rebondi à la question d’un internaute : « vous me donnez l’occasion de remercier les leaders de la Coalition parce que malgré le fait qu’ils ont été écartés de ces élections, vous avez vu comment ils ont porté le combat et d’ailleurs pour nous, c’était une façon de leur rendre justice. En réalité, nous avons le même engagement que ces leaders-là. Nous venons de partis politiques qui ont accepté volontairement de faire partie d’une Coalition. Nous ne sommes pas arrivés là par hasard. En parlant de nous, je parle des députés investis sur la liste nationale mais aussi les départements que nous avons gagnés. Ces leaders-là, ils ont leur engagement politique. Nous avons notre engagement politique. Je ne vois pas en quoi, j’allais dire, trahir ce projet que nous avons défendu. Vous ne nous avez peut-être pas vu le temps de la campagne mais on était en train de travailler au niveau de la base. » Du coup, on ne leur a pas dit « mettez-vous de côté », a-t-il expliqué, mettant en exergue la stratégie de YAW. Laquelle a consisté, a-t-il détaillé, de mettre en avant les leaders.

« Il faut le dire, je n’ai pas l’envergure politique de Ousmane Sonko. La stratégie que nous avons mis en place, a consisté à dire que ce serait mieux que les leaders soient mis en avant. Mais vous avez vu qu’à chaque fois qu’ils sont arrivés dans un département, dans le cadre de la campagne électorale, ils ont mis en exergue les candidats qui sont soit investis au niveau du département, qui sont sur la liste nationale et qui sont originaires de ce département. Ça, c’était notre stratégie et cela a payé. Ce n’est pas une question de soumission. La loyauté, qu’est-ce que cela veut dire ? Ces leaders qui ont porté le combat au nom de (YAW) et qui nous ont permis d’arriver aujourd’hui à l’Assemblée nationale, mais nous avons les mêmes convictions que ces gens-là. Pourquoi on ne nous poserait pas la question qu’un leader peut aussi faire défection ? Pourquoi on le penserait du côté des députés qui sont sur la liste des suppléants ou même qui ont gagné au niveau des départements. Ce n’est pas juste. Je ne vois pas en quoi nos convictions qui nous ont poussé à adhérer à cette Coalition par l’intermédiaire de nos partis politiques nous amèneraient à trahir notre projet ? Ça, je crois que c’est un discours qui ne tient pas et vous vous en rendrez compte très naturellement au cours de cette législature. Oui, on est loyaux mais pas soumis ».

Dié BA
Pape Doudou DIALLO (Photo)

21 août 2022


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