OUMAR SALL : « LE DÉFI C’EST DE FIXER LES DROITS DES FILMS EN AFRIQUE »

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72E ÉDITION DU FESTIVAL DE CANNES

Oumar Sall veut révolutionner le modèle de financement du cinéma africain. Le directeur de Cinekap et producteur du film "Atlantique" de Mati Diop, en lice pour la Palme d’or, prône pour un financement cinématographique sud/ sud. « Tout est possible si nous avons cet élan de solidarité. L’idée pour nous c’est d’arriver à nous autofinancer, à trouver la majorité du financement chez nous en Afrique. Il y va de l’identité de nos cinématographies », dit-il lors de l’atelier « Talentueuses caméras d’Afrique ». À l’en croire, « Cela va nous aider également à ce que les films que nous produisons restent des éléments de notre patrimoine national. Cela est de très important. Il faut que nous fixions les droits en Afrique. Quand on parle de rapatrier des œuvres d’Afrique, c’est de l’imaginaire confisquée. Est-ce que cela va se produire pour le cinéma ? C’est déjà le cas. »

Il argumente : « L’Afrique n’a même pas le droit de représentation de certaines de ses œuvres. Même l’Affiche, vous n’avez même pas le droit. Parce que, c’est celui qui diffuse qui détient les droits, en amont et en aval. Et parfois nos états ont mis de l’argent. Il nous faut quelque chose d’implacable pour changer cela. »
Oumar Sall pointe également la part des états africains dans ce déficit de production. « Il faut le dire et l’admettre, nos états ont d’autres priorités. Et à côté, les producteurs demandent plus d’argent. » Toutefois, souligne-t-il,« Quand on réclame plus d’argent, il faut le justifier. Il faut ce dialogue pour parfaire l’écosystème cinématographique. »

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