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« OUVREZ VOS PORTES ET VOS PORTABLES »

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La décision du procureur de la République est salutaire. Jeter des jeunes lycéens de Yoff en prison n’est pas exécrable. C’est un avertissement clair. Des comportements d’adultes sur des âmes d’enfants, c’est la porte ouverte à toutes les licences. Il faut les corriger. La complaisance encourage la récidive.

Seule la fermeté est exemplaire et dissuasive. Le ministre de l’Education nationale répète que l’école est un lieu de socialisation. En prônant la clémence envers les écoliers de Hann ayant ouvert le concours d’indiscipline, Mamadou Talla a fait preuve d’un laxisme coupable. L’école est un sanctuaire. Le conservatoire de la citoyenneté. L’esprit de compréhension à l’égard des fauteurs de troubles après chaque mutinerie accélère le processus de démantèlement de l’enseignement. « Fermer une école, c’est ouvrir une prison ». Hugo a trouvé les mots justes.

Mais faisons un effort de perspicacité. Ce n’est ni la faute à l’école. Ni imputable à l’étourdissement des parents contrairement à ce qui s’entend. C’est la crise d’autorité qui gangrène le Sénégal. Au mondial de l’irrévérence, la pagaille et le manque de rigueur, on aurait sans nul doute accroché une médaille. Toutes les formes de civilité vacillent. Les chevaliers de la politesse, du respect et de la courtoisie ont quitté la scène. C’est du bois qu’on ne retrouve plus. Les initiatives affectives ont déserté la bonne terre du Sénégal.
Relativement bien partis en 1960, on faisait figure de pays-pilote. L’héritage a été vite dilapidé. Le pilotage à vue a par la suite favorisé un climat d’anarchie sans précédent. Les Sénégalais sont aujourd’hui laissés à eux-mêmes. C’est le sauve-qui-peut. Personne ne doit s’étonner qu’un de ces quatre matins, on se retrouve au pied du mur. C’est peut-être déjà ce qui arrive.

L’indiscipline est une bombe à retardement. Elle tire tout le monde vers le bas et ne génère que du déclassement. L’acte de folie de cette poignée d’élèves est inexcusable. Les bouts de bois de Dieu du Lycée Ousmane Sembène n’ont fait que pasticher les grands. Le champ politique est hermétique à l’esprit de dépassement. Le leader de Pastef est entré dans le dur avec son boulot de premier magistrat. Le Burok auquel il s’est engagé doit être être une occupation à temps plein. La gestion amène à prendre des décisions impopulaires. Elle est quelquefois source d’impopularité. La population de Ziguinchor est exigeante. Il ne faut pas chercher à en faire un bouclier.

Émile Badiane, un des fondateurs du MFDC a été maire. Son verbe était mesuré et maîtrisé. Le phénomène Ousmane Sonko n’est pas toujours phénoménal dans sa prise de parole. Au commencement était le verbe. Celui qui a la communication a la communauté et la communion. Il gagnerait à être moins prolixe en s’imposant une cure médiatique.

La fête du sacrifice d’Abraham est un moment de communion. La Tabaski est une fête nationale pendant laquelle les familles se retrouvent dans les contrées les plus reculées. On regrette la célébration en rangs dispersés et le manque d’unisson comme ça se faisait du temps du gouverneur général de l’AOF de Dakar à Zinder au Niger. Il lui arrivait de fixer les dates que tout le monde respectait. Les temps et les mœurs ont changé. La dilution de l’autorité s’est exacerbée. Il restera peut-être la solidarité agissante. Ouvrez vos portes et vos portables à l’occasion des fêtes. Une indication que Maître Wade donnait aux ministres et élus. La vie est de plus en plus difficile. La détresse sociale est inouïe. La sobriété voire la frugalité peuvent constituer une bouée de sauvetage. La fête doit être belle. Mais elle ne doit pas être alternée par la diète et les dettes.

8 juillet 2022

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