OXFAM RÉVÈLE LES VRAIS CHIFFRES

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FINANCEMENT CLIMAT

Il y a plus de dix ans, les pays développés se sont engagés à mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 afin d’aider les pays en développement à s’adapter aux effets du changement climatique et à réduire leurs émissions. Cet objectif est une partie essentielle du compromis qui soutient l’Accord de Paris. Alors que 2020 touche à sa fin, le rapport d’Oxfam 2020 : « les vrais chiffres des financements climat » offre une évaluation des progrès réalisés pour atteindre l’objectif des 100 milliards de dollars. Selon le rapport, les financements climat publics déclarés sont passés de 44,5 milliards de dollars par an en 2015-2016 à environ 59,5 milliards de dollars par an en 2017-20187.Toutefois, mentionne-t-on dans le rapport, en y regardant de plus près, on constate que les déclarations des bailleurs de fonds continuent de surestimer considérablement les financements climat. « La plupart des prêts sont toujours comptabilisés intégralement, plutôt que seulement la somme donnée à un pays en développement déduction faite des remboursements, intérêts et autres facteurs (la part dons ou équivalent-dons). On constate en outre des inexactitudes significatives quant à la manière dont la composante climatique de projets de développement plus vaste est comptabilisée », indique-t-on dans le rapport.

« Environ 40 % des financements climat publics sont non concessionnels »

En tenant compte de ces inexactitudes, Oxfam estime que l’assistance nette spécifique au climat se trouve bien en dessous des chiffres déclarés, malgré une légère augmentation de 15-19,5 milliards de dollars par an en 2015-2016 à 19-22,5 milliards de dollars par an en 2017-2018. « Le recours excessif aux prêts et la fourniture de financements non concessionnels au nom de l’urgence climatique est un scandale sans nom. La majorité des financements climat publics a selon les estimations été fournie sous forme de prêts et instruments autres que des subventions en 2017-2018, à l’instar de la plus grande partie des financements climat à destination des PMA et d’environ la moitié des financements octroyés aux PIED. Environ 40 % des financements climat publics sont non concessionnels », indique le document.

« Pour les financements bilatéraux, cela signifie qu’ils ne sont pas octroyés aux pays en développement selon des termes suffisamment généreux pour être admissibles au titre de l’aide publique au développement (APD). Cela constitue une augmentation considérable comparé aux 30 % de la période 2015-2016 », ajoute-t-on dans le rapport. Lequel signale que les pays et les communautés les plus pauvres du monde ne devraient pas être forcés de contracter des prêts afin de se protéger des émissions de CO2 excessives des pays riches. Les financements censés aider les pays à faire face au changement climatique ne devraient pas leur nuire en contribuant à faire grimper leur endettement, et ce à des niveaux intenables pour de nombreux pays.

Oxfam estime que le volume de financements climat sous forme de subventions n’a presque pas changé, passant d’environ 11 milliards de dollars en 2015-2016 à 12,5 milliards de dollars en 2017-2018. En outre, les prêts concessionnels et instruments autres que des subventions, quant à eux, sont passés de 18,5 milliards de dollars par an en 2015-2016 à 22 milliards de dollars par an en 2017-2018. D’après le rapport, l’augmentation des financements climat publics s’explique largement par le recours croissant aux prêts non concessionnels et instruments autres que des subventions. « En effet, on estime que ceux-ci ont significativement augmenté, passant d’environ 13,5 milliards de dollars par an en 2015-2016 à 24 milliards de dollars par an en 2017-201810. Le financement de l’adaptation au changement climatique a connu une augmentation plus rapide ces dernières années, passant d’environ 9 milliards de dollars (20 %) par an en 2015-2016 à 15 milliards de dollars (25 %) par an en 2017-2018. Même si la majorité des financements est consacrée à l’atténuation des effets du changement climatique, il s’agit tout de même d’un progrès de taille », indique-t-on dans le rapport.

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