PAPA DEMBA THIAM : COMMENT RÉUSSIR À INTÉGRER LA ZLEC

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JURY DU DIMANCHE

La Zone de libre-échange continentale africaine a été au menu des discussions du Jury du dimanche. Papa Demba Thiam, invité de l’émission, ce 11 août, estime que la ZLEC est une vision politique et qui doit faire naitre des stratégies.

« Des stratégies doivent faire naitre des programmes, des programmes doivent faire naitre des projets. Des projets doivent faire naitre des interventions. Et tous ces éléments doivent permettre de conjuguer des compétences économiques institutionnelles, financières, commerciales qui permettront de faire en sorte que cela se réalise », déclare-t-il. Pour l’économiste, il ne s’agit pas de décréter simplement que l’Afrique est une zone de libre-échange pour que cela le devienne. A son avis, pour que la ZLEC fonctionne, il faut qu’il y ait des capacités productives qui se développent en Afrique. En plus, il faut que ces capacités productives puissent pouvoir être échangées de manière compétitive en investissant dans les facteurs de transformation économique.

Poursuivant, il indique qu’il faut aussi faire en sorte que cette zone de libre-échange ne soit pas un véhicule pour permettre que l’Afrique absorbe de la production qui ne vienne pas d’Afrique, de la concurrence qui soit illégale et qui tue les industries africaines.

Les deux défis majeurs pour cette zone de libre-échange sont : l’abaissement des droits de douane et la simplification des procédures aux frontières avec comme objectifs d’augmenter les échanges interafricains de 15 à 25% du commerce total du continent.

Une position géographique stratégique

Pour relever ces défis, Papa Demba Thiam pense que le travail commence maintenant. « Au-delà des déclarations de principes, au-delà des signatures, nous devons nous mettre au travail maintenant pour réaliser cette ZLEC dans l’intérêt de l’Afrique », martèle-t-il. A son avis, il faut repenser les termes de l’intégration économique. Ce qu’il faut dans cette ZLEC, prône-t-il, c’est d’abord intégrer un certain nombre de fonction. « Il faut distribuer des avantages compétitifs dans l’ensemble de l’espace économique africain que vous allez diviser en sous espace. Ce sont les besoins qui émanent des chaines de valeurs qui dictent ce qu’il faut faire. Il faut allier la planification économique, la pédagogie, la formation.... », soutient-il.

Il indique que le Sénégal a des atouts pour tirer profit de cette ZLEC. « Le Sénégal a une vocation en matière de logistique extraordinaire. C’est le pays qui avance dans l’océan Atlantique, qui est tout prêt de l’Europe, qui est prêt de l’Afrique du Sud. Rien que cette configuration géographique donne au Sénégal un avantage comparatif extraordinaire pour faire entrer et sortir des marchandises. Nous sommes le seul pays qui connait les vertus des produits du poisson et qui continue de ruiner les mers, les océans au lieu de cultiver », dit-il. Avant d’ajouter : « Le Sénégal ne perdrait pas en intégrant cette zone mais le Sénégal doit se préparer à développer des offres de produits qui soient compétitives. Parce que, lorsque vous faites la zone de libre-échange, tout le monde doit pouvoir entrer son produit mais le Sénégal a aussi une chance, c’est que notre système de normalisation de promotion de la qualité de métrologie et d’essai est l’un des plus élaborés dans la région ».

La problématique de la monnaie unique

Comment échanger économiquement avec des monnaies aussi nombreuses ? A cette question, l’économiste rassure. « Ce n’est pas un problème. Le problème de la monnaie c’est d’abord le reflet de la santé d’une économie. L’intégration monétaire c’est la capacité des monnaies à pouvoir se changer entre elles. Le problème c’est d’abord d’asseoir la monnaie sur des économies fortes. Le Franc CFA ne me gêne pas en termes de convertibilité ».

D’après lui, abandonner le franc CFA pour des questions d’atavisme et de fierté serait une connerie. « Comment, en abandonnant cette monnaie, on va arriver aux chemins d’expansion par lesquels on va développer notre économie. J’aimerais que tous ceux qui parlent du franc CFA nous expliquent comment on crée la monnaie et comment ils vont arriver en liquidant le francs CFA sur des bases idéologiques régler ce problème de la monnaie », soutient-il.

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