PAR... COURS : OUSMANE SONKO, TRAJECTOIRE D’UN MÉTÉORE

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PRÉSIDENTIELLE 2019

Son surnom de phénomène n’est pas usurpé. À 44 ans, Ousmane Sonko est le cadet des cinq (5) candidats retenus par le Conseil constitutionnel. Invité-surprise dans le Landerneau politique, l’ancien inspecteur des impôts a su imposer sa candidature à la magistrature suprême là où des grands noms à l’instar de Malick Gakou, Khalifa Sall et Karim Wade ont trébuché. Le premier n’a pas su franchir l’obstacle du parrainage et les deux autres ont fait les frais de leurs condamnations pour détournements de deniers publics. Pour Sonko, pas de souci !

Et dire que c’était plutôt mal parti. Originaire de la Casamance, le Major de sa promotion à l’Ecole nationale d’administration (ENA), en 1999, l’ex-Inspecteur des Impôts et des Domaines principal de 2ème classe, 2ème échelon est révoqué « sans suspension des droits à pension pour manquement à l’obligation de discrétion (réserve) professionnelle prévue à l’article 12 de la loi n°161-33 du 15 juin 1961 » par décret présidentiel le 29 août 2016. En termes plus clairs, Ousmane Sonko est radié de la fonction publique, mais peut prétendre à une pension à la retraite. Cela, suite à ses dénonciations de ce qu’il appelle les « tares du système » telles que la corruption et le détournement de deniers publics dont il accuse le régime en place.

Accusateur de Macky

Une radiation qui dope la carrière politique du premier secrétaire général du Syndicat Autonome des Agents des Impôts et Domaines (SAID) d’avril 2005 à juin 2012. Devenu par la suite secrétaire général honoraire de juin 2012 à août 2016 de l’organisation qu’il a créée, Ousmane Sonko commence, à cette période, à critiquer le gouvernement. Et, accuse l’Etat d’anomalies fiscales et budgétaires en mettant en cause le président Macky Sall.
Leader du parti Pastef Les Patriotes porté sur les fonts baptismaux en janvier 2014, soit deux (2) ans avant sa radiation, Ousmane Sonko est élu député lors des élections législatives du 30 juillet 2017. Avec la coalition ‘’Ndawi Askanwi’’, il fait partie des dix (10) coalitions ayant obtenu, chacune, un député sur le fort reste.
Aujourd’hui, il vise la Magistrature suprême. S’il est élu, il promet de renégocier tous les contrats pétroliers et gaziers « défavorables », à l’Etat du Sénégal, avec un programme qu’il juge de rupture et de renouveau.

Soupçons, polémiques, accusations

L’auteur de « Solutions » avait déjà décliné son livre en quatre (4) axes, faisant le résumé de ses démarches politiques pour le développement du Sénégal : La renégociation des contrats pétroliers, qui pourrait, chiffre-t-il, (nous) faire « gagner plus de 800 milliards de FCFA », la nécessité de baisser le train de vie du gouvernement, martelant que « les pouvoirs alloués au Président de la République sont énormes dans ce pays » qu’il entend « diminuer », de même que « les fonds politiques ».

Contre le FCFA, Ousmane Sonko est pour que le Sénégal ait sa propre monnaie. « Je ne suis pas contre la France, mais je suis pour l’intérêt des sénégalais. Si elle (la France) ne prend pas en compte notre intérêt, il y aura une génération pour la dégager », déclarait-il lors de la présentation de son livre-programme, assénant que même si « le FCFA donne une stabilité, celle-ci nous occasionne des pertes chaque année de plus de 25 milliards FCFA parce que c’est nous-mêmes qui la finançons. Il faut que l’on sorte du F CFA pour gérer nous-mêmes notre monnaie et notre économie ».

Soupçonné par certains d’être financé par des extrémistes, le polygame avait ainsi esquivé la question du journaliste Cheikh Yérim Seck relative à la religion (Êtes-vous Ibadou ou pas ?) : « Je suis le seul candidat à qui on demande son appartenance religieuse. Je pense même que cette question prouve un certain nombre de clichés sur une partie de la population (les Ibadous). »
Poursuivant, il avait donné l’exemple de Léopold Sédar Senghor « qui était chrétien mais aidé et épaulé par les guides religieux au Sénégal. » Un exemple qu’il veut suivre, d’autant qu’assurait-il : « À Touba, à Tivaouane comme partout au Sénégal, je suis toujours très bien accueilli. Je suis le prototype parfait du sénégalais, quelqu’un qui s’intègre partout. »

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