PAR LE SEUL POUVOIR DU BALLON...

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LA CHRONIQUE DU VENDREDI

Maradona mort, l’Angleterre salue l’artiste ! Oubliées, les Malouines en 1982. Oubliée la main de Dieu en 1986. Militairement vaincue, l’Argentine prend sa revanche cinq après sur un terrain grâce à deux actions d’éclat d’un génie du football : la main de Dieu de Maradona pour le premier but et le pied gauche magique du Pibe de Oro mystifiant toute la défense anglaise avant de planter un somptueux et victorieux but à Peter Shilton. L’Angleterre médusée plie et rompt. Le numéro 10 argentin entre dans la légende en administrant au monde entier rivé sur les écrans que le talent pur relève du don. Mais le don de soi aussi existe. Sorti anonyme des favela, le voici qui s’impose à Boca Junior, club emblématique des quartiers pauvres.

Par sa dextérité et son incomparable jeu, il réussit à donner au football, une âme, un esprit censés refléter la société dans ce qu’elle a de meilleurs : la justice, l’équité, l’équilibre, la jouissance et même réjouissance. Il n’y a pas chez Maradona de fatalité de conditions. En ces moments de fuite en avant et de migrations clandestines, la pauvreté constitue un puissant stimulant pour réussir. Tout cela demande de l’encadrement, de l’accompagnement. Parmi tous ces jeunes partis en mer, combien de Maradona ont sombré, hypothéqué leur avenir et compromis le Sénégal et l’Afrique dans son potentiel.

Sous cet angle la candidature d’Augustin Senghor à la CAF trouve tout son sens. Le football n’est plus qu’un jeu mais un enjeu. Enjeu économique. Enjeu politique. Enjeu diplomatique. Enjeu social ou sociétal. Devenu un phénomène sociétal universel, tous les Etats ont à cœur de former leurs jeunesses pour les préparer aux défis du futur. D’où encore une fois la pertinence de la mise en place d’un Plan Sportif National pour la mise en cohérence de ces talents purs qui végètent faute justement d’encadrement. Et pourtant Les Lions du Foot en 2002 avaient laissé fleurir l’espoir d’une renaissance qui titille les grandes nations de football.

Par le seul pouvoir du ballon, El Hadji Diouf et les Sadio Mané sont parvenus à placer le curseur sur le Sénégal plus que ne l’aurait fait la diplomatie classique. Il faut changer de regard et même de perception par rapport aux dynamiques nouvelles. La visibilité du Sénégal est une chose. L’attrait du pays en est une autre. Et la balle est dans le camp des gouvernants. Sauf à attendre une hypothétique main de Dieu…

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