PARCELLES ASSAINIES : RETOUR SUR LES LIEUX DU DRAME

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MANIFESTATIONS

Comme un champ de ruines ! L’équipe d’Emedia s’est rendue aux Parcelles Assainies, plus précisément au croisement 22, au lendemain des violents affrontements qui y ont opposé forces de l’ordre et manifestants. La mort de Modou Ndiaye, un jeune garçon tué par balle, a réveillé la colère des jeunes.

ATTENTION AU GRAND BANDITISME

Au lendemain des faits, des habitants se plaignent du grand banditisme. Car pour ne pas arranger les choses, des agresseurs ont profité de la tension ambiante pour sévir. Au moment où des commerces, la plupart des magasins de vente de carreaux et quincailleries, avaient baissé rideau, par mesure de sûreté, les voleurs s’en sont pris aux tabliers. Parmi leurs nombreuses victimes, Abdou Wahab Diallo, vendeur de fruits, liste les dégâts : "vous voyez bien qu’il n’y a plus rien. Ils m’ont pris et mes fruits et mon portable. C’était plusieurs bandes d’agresseurs. Si je dois estimer les pertes, je vous dirai que c’est 125 mille F CFA."

A l’en croire, le manque d’éclairage n’a pas arrangé les choses. Les poteaux électriques ont été démolis en raison des travaux du Bus Rapid Transit (BRT). "Ils ont tout pris devant moi mais je me suis mis de côté pour éviter qu’ils s’en prennent à moi. Parce que je craignais pour ma vie", a-t-il confié.

Si le vendeur de fruit estime ses pertes à plus de 100 mille F CFA, l’ardoise est plus salée un peu plus loin, à la station Shell. Sur place, la boutique ’’sélect’’ déjà attaquée, avec tout son chargement emporté, jeudi dernier, lors des manifestations qui ont suivi l’arrestation de l’opposant Sonko, des assaillants ont pris d’assaut hier lundi les bureaux, emportant tout sur leur passage : ordinateurs, entre autres matériels de bureaux.

Si la Direction nous a renvoyés vers le service de Communication, les travailleurs, en chômage technique, commentent les évènements à côté, affichant la mine des mauvais jours.

Chez les populations, les conséquences se font déjà sentir. Chez les Sall, trouvés dans leur appartement sis dans un immeuble du quartier, on apprend qu’hier (lundi) à 13 heures passées, le petit déjeuner n’était même pas encore prêt. "Toutes les boutiques étaient fermées. Il y avait une foule de jeunes jusque sous le balcon. Ils étaient très en colère après la mort du jeune Modou Ndiaye. D’habitude, je me rabattais sur un des gardiens que j’envoyais à la station ou au magasin Auchan pour m’approvisionner. Ce qui n’est plus possible après les scènes de saccages et de pillages. Heureusement pour nous, on a retrouvé dans le frigo un sachet de ’’thiacry’’ (à base de céréales locales). On s’est débrouillé avec", se lamente Diary, un membre de la famille.

Ne se sentant plus en sécurité en raison de la montée du grand banditisme, un de leurs voisins a décidé de déménager, nous renseigne-t-on.

D’autres gérants de magasins, jouant à fond la carte de la prudence, n’ont toujours pas rouvert. Ce, malgré la présence de plusieurs fourgonnettes remplies d’éléments. Mais les policiers ceinturent plutôt les locaux du commissariat.

Le triste constat est fait que l’insécurité ne règne pas qu’aux Parcelles Assainies.

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