PASSAGE DU CFA A L’ECO : UNE DÉVALUATION EST-ELLE À L’ORDRE DU JOUR ?

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DÉBAT

Le passage du Franc CFA à l’ECO va-t-il entraîner forcément une dévaluation ? Les économistes sont partagés. Invité de l’édition spéciale présentée par Mamoudou Ibra Kane, sur Itv, après l’annonce faite par Emmanuel Macron, le président français, en compagnie de son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, Chérif Salif Sy, clarifie que la monnaie c’est d’abord un problème juridique et de souveraineté.

La précision faite, il se dit, ensuite, favorable à une dévaluation. Il en veut pour preuve : « C’est pour cela que les Nigérians se battent pour une monnaie flexible. Autrement, ils sont perdus. Le Nigéria est un grand pays agricole. Une monnaie flexible, ça donne la dévaluation comme instrument de politique économique. »

Il ajoute : « Quand je dis que je suis pour la dévaluation, compte tenu du fait que les pays n’ont pas le même poids. Cela me parait important. C’est pour cela que les réformes adaptatives proposées tenaient compte de ces aspects, des économies qui ont la même monnaie qui ne marchent pas à la même vitesse. »

« Tout sauf la dévaluation », Moubarack Lô

Moubarack Lô, économiste-statisticien n’est pas du même avis. Tout sauf la dévaluation, tranche-t-il : « Vous comparez la Côte d’Ivoire et le Sénégal d’un côté, et le Nigéria de l’autre. Parce que le Nigéria fait plus de 2/3 du Produit intérieur brut (PIB) de la CEDEAO. Aujourd’hui rien ne justifierait, il faut qu’on soit ferme là-dessus, une dévaluation du Franc CFA. »

Les risques étant que « les importations (deviennent) plus chères, un creusement du déficit commercial. Donc, aujourd’hui, tout sauf la dévaluation. Mais il faut une réforme structurelle ».

La dévaluation de 1994 devait, en premier lieu, stimuler les exportations, freiner les importations et réduire les déficits budgétaires. Mais les populations ont souffert de la très forte baisse de leur pouvoir d’achat.

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