PEUR SUR LA DÉMOCRATIE !

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LA CHRONIQUE DE MIK

La démocratie sénégalaise marche-t-elle sur des braises ardentes ? Après le feu, c’est maintenant le sang. La mort à Bignona de Cheikh Coly, un jeune de 18-20 ans, lors de violents incidents, est une sérieuse alerte. Il y a un grand risque d’embrasement. Un mort de plus, un mort de trop pour notre démocratie. Jeudi noir pour la terre casamançaise et sénégalaise. Pourtant, mercredi seulement on se réjouissait du comportement exemplaire des forces de défense et de sécurité. Quoique bien équipées, les Fds n’ont pas versé dans la violence gratuite. Dieu sait qu’en face, il y avait une forte opposition armée de briques et de pierres. Pour dire le moins. Sans compter les pilleurs, de véritables meurt-de-faim, qui avaient d’autres préoccupations : braquer banques et boutiques et rafler le riz et le fric. La crise économique et sociale, conséquence de la pandémie à Covid-19, ne doit pas être ignorée dans la lecture de certains comportements violents. Un exutoire ?

Peur sur la Démocratie et la République ! Mais qui pour les défendre ? Les démocrates et les républicains ne se trouvent pas forcément dans le camp de ceux qui crient… leur Démocratitude et leur Républicanitude - emprunté à l’anglais. Etre démocrate et républicain n’est pas une affaire de Tigritude, mais de tigre tout simplement. C’est le bon moment pour se ressaisir aussi bien pour le Pouvoir que l’Opposition et la Société civile.

Il n’est pas Dabakh, le Bon. Mais il est tout aussi bon. Il s’appelle Abdou. Comme l’autre qui nous manque tant en ces temps troubles. Serigne Abdou Mbacké ibn Serigne Cheikh Khady de Darou Mousty, car il s’agit de lui, est également un régulateur à l’image de son illustre homonyme. Abdou Mbacké s’était illustré en 2008, par sa participation aux Assises nationales aux côtés de Serigne Mansour Sy Djamil. Les deux chefs religieux ne s’étaient pas laissé intimider. Leur participation fut remarquable et remarquée par les observateurs. Car, du courage et de la conviction, il en fallait pour passer outre la fatwa du président de la République d’alors, menaçant de ses foudres tout participant aux fameuses Assises présidées par un certain Amadou Mahtar Mbow, le sage aujourd’hui centenaire. Mbow nous regarde. Revenu à de meilleurs sentiments, le Président Abdoulaye Wade avait fini par déclarer qu’il pourrait recevoir les conclusions des Assises nationales. Rien d’étonnant de voir encore Serigne Abdou Mbacké s’impliquer cette fois-ci dans une démarche conciliante pour convaincre Ousmane Sonko de répondre à la convocation du juge d’instruction dans l’affaire Sweet Beauté. Ce religieux de son temps, de surcroît, compagnon du très républicain feu Ousmane Tanor Dieng, a assumé son rôle et accompli sa mission. Mais c’était sans compter avec le diable, surgi de nulle part, pour tout gâcher. Et patatras ! Bien dommage qu’il en soit ainsi. Mercredi, la démocratie sénégalaise a été chahutée. Le sabotage a été organisé avec des responsabilités partagées entre un justiciable peu commode et un pouvoir agacé mais en manque d’habileté. Avec ces images de chaos, il y a bien longtemps que le feu couvait sous la cendre.

Une sérénité retrouvée permettrait au pays de se concentrer sur le vaccin contre le Coronavirus. C’est là l’essentiel. Après les 200 mille doses de Sinopharm, 324 mille autres d’AstraZeneka viennent d’être réceptionnées dans le cadre de l’initiative COVAX de l’Organisation mondiale de la Santé. Monsieur le président de la République, saisissez justement l’occasion pour rectifier le tir et la piqûre. Aujourd’hui c’est Sinopharm et AstraZeneca. Demain ce sera peut-être Spoutnik V, Moderna ou Pfizer-BioNtech. Peu importe le vaccin. Avant tout, le plus important est de vacciner les personnes prioritaires, telles qu’indiquées par notre vaillant Comité national de gestion des épidémies. Ce qui est valable ailleurs doit l’être ici. Monsieur le Président, soyez le gardien vigilant de notre santé. Tout passe-droit sur le vaccin doit être banni et combattu ! Ne mettons pas à l’envers un protocole vaccinal universellement admis.

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