PHASE 2 PSE et ZLECA : AMADOU HOTT DIALOGUE AVEC LE SECTEUR PRIVÉ

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Economie

L’Etat dialogue avec le secteur privé en perspective du démarrage de la phase 2 du Plan Sénégal Emergent (PSE) et de l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA). C’est le prétexte de la rencontre entre le nouveau ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération, Amadou Hott, et les opérateurs économiques du Sénégal. Une « séance de prise de contact » et un « moment d’échange et de partage » sur la place « très importante » qu’occupe ledit secteur dans ce contexte. La rencontre entre les parties, ce lundi, 3 juin, à l’hôtel Pullman, a permis d’harmoniser les angles.

D’abord, sur les orientations majeures de ce ministère pour le secteur privé, l’autorité de tutelle rappelle que « le contexte de création du ministère reste marqué par la fin de la première phase du PSE et le démarrage de la deuxième phase. » Et, durant cette deuxième phase du PSE, « le gouvernement souhaite que la croissance soit plus portée par le secteur privé et, également que cette croissance soit inclusive et créatrice d’emplois. » Ensuite, partant du principe qu’une croissance durable ne peut être portée que par le secteur privé, Amadou Hott indique que « l’Etat ne peut pas continuer à s’endetter pour faire des projets surtout ceux que le secteur privé peut porter soit en mode privé pur ou PPP (Partenariat public-privé) ».
En termes clairs, « désormais ce que l’on (Etat) souhaite, c’est que même pour des projets sociaux (santé, éducation, etc.), c’est de voir comment faire de vrais PPP sans que l’Etat ne garantisse le financement. »

« Développer un transfert de compétences »

En conséquence, ajoute-t-il : « La création du ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération doit être perçue comme, entre autres, une volonté de trouver une réponse à la problématique de développement d’un secteur privé national principal moteur de la croissance économique avec un rôle catalyseur dévolu à l’investissement privé étranger. Ce que nous souhaitons c’est que l’investissement privé étranger soit en partenariat avec l’investissement privé national (sénégalais). En effet, ce dernier ne devrait servir qu’à contribuer au développement des PME nationales ainsi qu’à l’émergence d’une classe d’entrepreneurs locaux en tissant des liens et partenariats financiers et commerciaux avec les PME. Il est extrêmement important pour nous que l’investissement privé en particulier étranger se développe avec le transfert de compétences. Ce que nous voulons, c’est développer une stratégie qui nous aidera à mettre en place des écosystèmes au niveau des secteurs d’activités impliquant les entreprises locales afin de leur permettre de tirer un meilleur profit des opportunités offertes au niveau des différents secteurs. Elle nous permettra par ailleurs d’aider à une meilleure structuration des chaines de valeurs, de mieux organiser le secteur privé afin de lui assurer une insertion harmonieuse dans toutes les opportunités d’affaires notamment de PPP quel que soit le volume d’investissement. »

Amadou Hott de poursuivre : « Nous sommes d’avis que la faiblesse des capacités financières individuelles ne doit pas être un frein à l’implication du secteur privé local dans de gros projets PPP. Il faut juste organiser les acteurs en les aidant à mutualiser les moyens. Quand on nous annonce un projet de 100 milliards de F CFA en PPP, la contribution en capital du privé qu’il soit national ou international ne dépassera pas les 25%. C’est 25 milliards à mobiliser pour ce projet. Donc, si le privé national veut 50% de ces 25%, c’est 12 milliards 500 millions F CFA. Si le privé national est uni, il pourra lever (ces fonds). Pour nous, il est capital que les projets PPP soit au cœur de l’exécution de ces projets. »

D’autant plus qu’avertit le ministre, la redynamisation passera par « le dialogue public-privé par l’instauration de cadres sectoriels d’échanges » aux fins « d’identifier les contraintes spécifiques à l’ensemble des secteurs de l’économie » pour « l’édification d’un tissu d’entreprises denses et compétitives dans un contexte marqué par l’entrée en vigueur de l’accord portant création de la ZLECA. Si notre secteur privé n’est pas assez fort, s’il n’est pas soudé, soutenu, la ZLECA ne sera mise en place que pour d’autres entreprises. Nous ne serons que des consommateurs et perdrons la création d’emplois. »

Exporter le made in Sénégal

Au nom du secteur privé, Baïdy Agne, le Président du Conseil National du Patronat du Sénégal (CNP), a insisté sur les préalables. Ce, pour (lui) permettre de jouer pleinement son rôle. Il relève « la nécessité d’avoir un Etat plus stratège dans la promotion des privés nationaux et dans l’accomplissement à l’exportation du ’’made in Sénégal’’. Il nous faut avoir un mécanisme de protection pour soutenir ce même privé national, la réduction progressive de notre déficit qui entraînera une réduction progressive de notre déficit commercial et de notre dépendance vis-à-vis de l’extérieur. »

n outre, ajoute-t-il : « Il sera nécessaire que nous définissions ensemble comment on pourra faire tout ceci en relation avec les différents ministères sectoriels qui s’occupent parfois de l’économie. Je pense que nous avons des choses à faire ensemble là-dessus pour augmenter l’économie, l’industrie, l’activité d’une façon générale. Tout ceci, c’est pour rendre le Sénégal plus attractif en termes d’investissements. A cet effet, il est important, pour nous, que votre département s’implique davantage dans les concertations techniques que nous avons avec les départements ministériels afin de prendre connaissance des points que nous avons, de mesurer les incidences qui peuvent être positifs ou négatifs et de définir des indicateurs de suivi de cette évaluation. Dans le contexte d’un gouvernement sans Premier ministre, il devient encore plus critique et il est important de prendre en charge ces questions. »

Le secteur privé va, dans ce sens, soumettre à l’autorité de tutelle, un « mémorandum résumant les préoccupations d’ordre général et sectorielles des entreprises mais aussi proposant les leviers sur lesquels ces acteurs comptent agir pour atteindre les objectifs du PSE ».

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