PHILIPPE BOHN : « POUR MON ÉQUIPE ET MOI, LA MISSION EST ACCOMPLIE »

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AIR SÉNÉGAL SA

Philippe Bohn a été démissionné de la Direction de Air Sénégal Sa. D’un commun commun, l’ancien directeur Afrique de Airbus, qui a atterri à la tête de la compagnie sénégalaise en 2017 est parti. Dans un entretien accordé à Paris Match, le Français revient sur les raisons de son départ. Morceaux choisis.

Quels sont les motifs de votre départ ?

« Pour mon équipe et moi, la mission est accomplie. La mise en vol en opération a été réalisée dans les délais voulus par le président Macky Sall. C’était l’un de projets majeurs de son Plan Sénégal Emergent. On a préparé l’équipe qui va reprendre le flambeau. Il y avait une forte demande pour « sénégaliser » la compagnie ce que l’on peut comprendre. Je vogue maintenant vers d’autres horizons professionnels, mais je reste au Conseil d’administration avec la mission d’accompagner le nouveau Directeur général, un garçon très brillant que je connais bien. Je vais intervenir sur quelques questions financières et sur l’ouverture de route sur les Etats-Unis », explique Bohn.

On a raconté que votre départ était lié à la panne de l’Airbus A330 Neo, qui se serait révélé couteuse pour la compagnie. Est-ce que cela n’a pas joué aussi ?

Toutes les compagnies aériennes ont des « Aircraft on the Ground » (appareils au sol, NDLR). Il y avait des retours d’odeur d’huile dans le cockpit de l’A330 Neo, c’est bénin, mais un signal à surveiller. Nous avons procédé à des analyses moteurs, très précises, sérieuses. Cela fait partie des alarmes courantes en période de rodage sur les avions neufs. Notre priorité c’est la sécurité, donc on a laissé cet avion au sol. Rien que de très normal. Comme la plupart des entreprises aériennes, nous avons utilisé une réserve chaude avec Hi Fly auprès de qui nous avons loué un avion de remplacement. Sur la partie qui concerne l’Airbus A330 Neo, l’essentiel des frais est pris en charge par Airbus, et par RollsRoyce pour le moteur. L’avion est sous garantie. Donc sur le plan financier, l’incidence est minime. Après, pour nous c’est toujours difficile d’expliquer aux passagers les retards quand on a un incident, mais la priorité absolue c’est la sécurité des vols.

Où en est votre relation avec le président Macky Sall, récemment réélu ?

Le Président est un ami de longue date, plus que d’autres, il connait la fidélité en amitié et la solidité dans mes engagements. Par définition, je ne suis venu que parce c’était lui, un grand chef d’Etat avec une vraie vision. Je ne doute pas que je pourrai faire d’autres choses pour lui et avec lui.

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