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PLONGÉE DANS LES ZONES INONDABLES

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Les inondations sont devenues sont abonnées à chaque hivernage dans la banlieue dakaroise. Depuis 2005, plusieurs quartiers de la banlieue peinent à résister à ce fléau. L’Etat du Sénégal a mis plus de 15 milliards de F Cfa dans la phase 2 du Projet de gestion des eaux pluviales et d’adaptation au changement climatique (Progep) pour mettre fin à ces inondations, même dans certaines zones, les inondations sont devenues un vieux souvenir. La hantise des mauvais jours est encore là pour Keur Massar et une partie de Diameguene-Sicap-Mbao.

A Keur Massar, c’était le grand désarroi, l’année dernière. Plusieurs familles ont été obligés d’abandonner leurs maisons à cause des eaux de pluie qui font leur loi. C’est pourquoi d’ailleurs, au mois d’avril dernier, les habitants du nouveau département avaient tenu à organisé une grande marche pour alerter les autorités sur les problèmes des inondations auxquelles ils sont confrontés. Ils avaient remis d’ailleurs au préfet du département un mémorandum dans lequel il exigeaient la fin des travaux de canalisation dans le cadre du Projet d’exécution du Projet de gestion des eaux pluviales et d’adaptation au changement climatique (Progep 2). Pour le maire de Keur Massar Nord venu participer à cette marche organisée par la jeunesse, « trop c’est trop ». « Nous voulons des canalisations. Depuis 2005, le calvaire est le même. Sincèrement, Monsieur le Préfet, nous sommes vraiment fatigués », avait insisté l’élu local.

Une bonne partie de la banlieue sort de l’eau
Les inondations des années 2000 avaient particulièrement touché des quartiers comme Médina Gounass, Djeddah Thiaroye Kao, Guinaw Rail nord, en autres. D’ailleurs, une partie de ces habitants étaient obligées d’abandonner leurs maisons pour loger dans des écoles et autres sites de recasement provisoires mis en place par l’Etat pendant les périodes d’inondations.

Pour trouver une solution définitive à cette problématique, le régime du Président Wade avait, à l’époque, mis sur pied le plan Jaxaay, avec la construction de logements sociaux pour les familles sinistrées, notamment celles des quartiers de Gounass, Djeddah Thiaroye Kao, entre autres. Avec des conditions financières accessibles, beaucoup de sinistrés en ont profité. Même si, aujourd’hui, ce site de recasement est devenu une ville avec des infrastructures scolaires, sanitaires, routières et autres, qui n’ont rien à envier aux communes voisines.

La mise en place d’un système de drainage performant
Pour venir à bout des inondations qui avaient fini d’installer la psychose chez une bonne partie de la population sénégalaise, et particulièrement la banlieue dakaroise, l’Etat, par l’entremise du Progep, a mis en place un système de drainage performant permettant l’évacuation rapide, par voie gravitaire, de grandes quantités d’eaux pluviales à Pikine et Guédiawaye. Dans un document, l’Agence de développement municipal (Adm), qui a piloté ce projet, affirme avoir investi 36,8 milliards de FCFA dans ce système de drainage performant. Cette somme a permis la construction de 21 bassins d’écrêtement pour une capacité totale de 648 500 mètres cubes. D’après l’Adm, 167 000 habitants ne sont plus sujets au risque d’inondation et 900 hectares ont été protégés des inondations récurrentes.

Serigne Mbaye Thiam, ministre de l’Eau et de l’assainissement
« La plupart des travaux vont être terminés dans le courant de juin »

Le ministre de l’Eau et de l’assainissement a effectué une visite dans les zones inondables au début du mois de juin pour s’enquérir de l’état d’avancement des travaux dans certains quartiers de la banlieue. « La plupart des travaux pourront être terminés dans le courant du mois de juin. Certains travaux beaucoup plus critiques ne pourront pas être achevés au cours de cet hivernage, compte tenu des délais de réalisation et des marchés. Et pour ces cas-là, il y a une coordination de services pour avoir un dispositif de pompage, comme c’est le cas au niveau de Keur Massar. Vous avez pu le constater, les travaux d’urgence de l’année dernière sont exécutés par les deux entreprises à 100%. Et pour cette année, toujours dans la lutte contre les inondations, nous avons deux avenants avec les deux entreprises d’un montant de 2,5 milliards de F CFA qui avaient pour objectif de paver certaines rues. En ce qui concerne l’entreprise Henan Chine, ses travaux sont pratiquement réalisés à 100% et 60% pour l’autre entreprise qui a eu des difficultés d’approvisionnement pour des tuyaux », a précisé Serigne Mbaye Thiam.

Boudal NDIATH

20 juin 2022


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