PORT DE KAOLACK : RÉPONSE À ABDOU LATIF COULIBALY

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CONTRIBUTION

Avec la création de Kaolack, le pouvoir colonial avait tracé la voie du développement et en indiquait et le but et le chemin pour y parvenir. En effet, si les trois cases de Ndangane ont connu une croissance aussi importante en si peu de temps, ce n’était point par l’effet d’une baguette magique, mais c’était le résultat d’une option sérieuse de mise en valeur de la position centrale de Kaolack. Sa stratégie, c’était d’y faire converger toutes les voies de communication possibles et drainer ainsi l’essentiel des produits de la sous-région vers une seule destination.

Ainsi, furent créées les Routes Nationales 1, 3 et 4 devant desservir respectivement Tamba, Touba et Ziguinchor. Puis suivit le "Dakar-Niger" dont Kaolack fut le véritable terminus, puis la voie maritime vers le célèbre et historique port du Soudan. Depuis cette époque florissante, les régimes successifs qui n’avaient qu’à entretenir ces formidables infrastructures, se sont malheureusement plutôt préoccupés de futilités crypto-personnelles au détriment du développement de Kaolack, et partant, du Sénégal et de toute la sous-région.

Aujourd’hui, les citoyens nostalgiques de cette période faste, conscients que la réhabilitation du port restait la seule voie de salut pour l’émergence de Kaolack, se sont organisés autour de l’Amicale des Amis du Port de Kaolack et ont décidé de porter le plaidoyer. Monsieur Latif COULIBALY, s’il vous reste encore un tant soit peu de conscience, retournez consulter les documents de l’Etat et vous verrez la Requête Pôle portuaire du Saloum dont l’objectif général était ainsi libellé : « Il s’agit de réaliser un Pôle portuaire sur le bras de mer du Saloum de Djifère à Kaolack, avec différents terminaux spécialisés tout le long du chenal ».

C’était d’ailleurs autour de cet objectif que le candidat Macky SALL avait bâti son discours de campagne et affirmait avec force vouloir faire de Kaolack un Hub maritime et fluvial. Il s’en est alors suivi la réception des barges et une démonstration de dragage qui avait convaincu Kaolack et sa population de le plébisciter littéralement !

La construction du Pont de Foundiougne saluée par tout le Sine Saloum ne saurait être l’objet de quelque contestation que ce soitcomme l’a écrit Monsieur Latif COULIBALY ! Mais quand, à la place d’un pont ouvert, on nous sert un pont fixe qui ne laisse passer que des pirogues ou des navires de petit calibre, les « ignorants » de Kaolack comme Monsieur Latif COULIBALY se plait à nous appeler, sommes en droit de nous inquiéter quant à la fréquentation de gros navires et l’avenir de notre port, dernier espoir de nos enfants.

Le Président Macky a déclaré regretter d’avoir été induit en erreur par deux fois, mais il doit savoir que s’il laisse passer ce pont, il va tout droit vers une nouvelle erreur qui risque de lui être fatale. Pour ne pas en arriver là, les populations de Kaolack saluent la construction du pont de Foundiougne mais exigent un pont mobile pour la sauvegarde des intérêts de Kaolack et Foundiougne. En tout état de cause, nous, les Amis du Port de Kaolack en étroite liaison avec toutes les familles religieuses et les populations ne faisons que rappeler les engagements des Autorités et exprimer notre cri de cœur face aux multiples promesses non tenues !

Monsieur Latif Coulibaly, vous avez sans doute raison quand vous dites :
« La réalisation du pont de Foundiougne condamnerait le port de Kaolack à un arrêt définitif de ses activités »

« Chaque partie tient naturellement à ses infrastructures : Kaolack à son port et Foundiougne à son pont »

« L’Autorité doit toujours des explications aux populations »

« Foundiougne et Kaolack forment une communauté de destin que rien ne saurait mettre en péril »

« Entre les deux régions, il ne saurait y avoir d’antagonisme. Elles sont complémentaires »

Mais la déception apparait quand vous jugez à tort, sans doute par trop de suffisance intellectuelle, mais peut-être aussi par simple ignorance :

« Des populations de Kaolack ont lancé un appel à la mobilisation pour l’arrêt des travaux du pont de Foundiougne »

« Réactions programmées dans toute la région de Fatick pour faire face à Kaolack »

« Ces ressentiments ne me paraissent pas venir des icônes économiques, culturelles, politiques, religieuses de la ville de Mame Mbossé »

« Les craintes des populations de Kaolack ont été prises en compte par le projet »

Et, last but not least, le coup de grâce tombe quand vous semblez prophétiser :

« Les matelots pourront contempler le pont, la beauté de l’ouvrage d’art »

« Le ressentiment de certains individus qui ne peuvent amener les autorités étatiques à casser un investissement de 42 milliards »

La cause est donc entendue, et Mr Latif COULIBALY résume en ces termes : Les « ignorants » qui portent la demande sociale de Kaolack n’ont qu’à s’agiter tant qu’ils veulent ; les populations de Foundiougne et Fatick sont prêtes à leur faire face ; le pont fixe sera achevé et livré aux touristes ; les 42 milliards investis sur le pont fixe mettent au second plan la Réhabilitation du port de Kaolack ; En conclusion Mr Latif COULIBALY décline sa sentence : les Chefs Religieux, les populations et les Amis du Port de Kaolack n’ont qu’à accepter la forfaiture et reconnaître la primauté de Foudiougne et Fatick !

Populations de Kaolack, êtes-vous prêtes à avaler cette couleuvre ?

Vive Kaolack et vive Foundiougne !

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