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« POUR RÉGLER LA QUESTION, IL FAUT INTERPELLER LE PRÉSIDENT SALL » (IBRAHIMA H.DEME)

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À moins de 2 ans de la prochaine élection présidentielle, le débat sur la troisième candidature du président Macky Sall se pose. Invité de l’émission du Jury du Dimanche sur la 90.3 Iradio, l’ancien juge Ibrahima Hamidou Dème a été interrogé sur la question. Est-ce que la jurisprudence Wade en 2012 peut s’appliquer à Macky Sall s’il déposait sa candidature pour briguer un éventuel troisième mandat ? Pour répondre à cette interrogation, l’invité de Mamoudou Ibra Kane a rappelé que : « immédiatement après les élections présidentielles de 2019 bien avant la prestation de serment du président Macky Sall, j’ai fait un article intitulé : "la constitution piégée pour un 3e mandat".

C’était pour prévenir des dangers que cette révision constitutionnelle de 2016 peut entraîner. Et ma première réflexion c’est que notre classe politique n’est pas trop active. Il faut poser les débats au moment opportun. Je pense que les débats devaient être posés plus tôt. Parce que dans cet article, s’il y’a des personnes qui voudront bien le revoir, je disais que ce débat-là n’est pas prématuré. Parce que l’actuel président qui est réélu, si la question de cette 3e candidature n’est pas réglée, on peut courir les mêmes dangers qu’en 2011 ».

Donc, dit-il, on est revenu à la même situation que 2012. « La constitution de 2001 avait entraîné un nouveau recomptage du nombre de mandats. Entre-temps il y’a eu des révisions qui ont changé certaines dispositions de cet article. Juridiquement, la 3e candidature c’est possible. Mais je ne le dis pas. Il faut que je sois très bien compris. Je le dis pour appeler encore les sénégalais à être plus prudent. Je lance un appel aussi à toutes les forces vives de la nation, au sortir de ces élections législatives, il faut qu’on règle ce problème de troisième candidature une fois pour toute », a dit l’ancien juge.

Avant de continuer : « Moi je n’irai pas sur le terrain juridique parce que c’est un terrain très glissant. Il y’a des juristes de bonne foi qui pourront défendre la 3e candidature comme le contraire. Pour régler la question du 3e mandat il faut interpeller le président de la République. Il était là en 2011 et il a vu tous les dangers que cette 3e candidature du président Abdoulaye Wade a entraîné. Sa probable 3e candidature peut entraîner des dangers encore plus graves. En plus de ça, ce sera un échec moral sans précédent. Parce que l’actuel président s’était prononcé et il y’a eu cette déclaration où il a dit qu’il ne fera jamais de 3e candidature. Il s’est opposé farouchement à la 3e candidature de Wade en donnant des arguments très pertinents. Je pense qu’il lui appartient en tant que président, en tant que garant du respect des institutions et surtout il doit éviter une faillite morale. Je pense que c’est sur le plan moral qu’il faudra mettre ce débat-là. Parce que cette troisième candidature ne sera pas acceptée. Même si cette jurisprudence de Wade pourrait se poser au conseil constitutionnel ».

Cheikh Moussa SARR
Abdouloaye SYLLA (photo)

5 juin 2022


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