POUR UN PEUPLE SANS COUTURE, MAIS TOURNÉ VERS TOUS LES VENTS DU MONDE

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CONTRIBUTION

Sénégal, nous faisons nôtre ton grand dessein :
Rassembler les poussins à l’abri des milans
Pour en faire, de l’est à l’ouest, du nord au sud,
Dressé, un même peuple, un peuple sans couture
Mais un peuple tourné vers tous les vents du monde.

3ème couplet, Hymne national du Sénégal (L.S. Senghor)


4 avril 2021, jour de la fête de l’unité nationale du Sénégal mais aussi, au terme du carême chrétien clos par la Semaine sainte, Pâques, fête de la réconciliation et du pardon. Deux fêtes qui ouvrent la voie vers le Ramadan musulman qui débutera dans quelques jours. Union des cœurs, communion de pensées et de prières. Le Sénégal est là, tout le Sénégal est là !

Bonne fête à nos parents, à tous nos frères et sœurs qui, en ce dimanche deux fois fête, ont leurs pensées tournées vers Jésus de la Vierge Marie, notre Issa, fils de Mariame, au sujet duquel le Saint Coran dit : Nous ferons de cet enfant une Révélation pour les hommes et une Miséricorde émanant de Nous.
Or donc, nous voici autour du Ngalax communiel, ce mets délicieux à base de farine de mil roulé et étuvé mêlé à de la pâte d’arachide et de fruit du baobab qui, avec le Gigot de l’Aïd, constitue un des beaux piliers de notre exemplaire art de vivre sénégalais, mais aussi le symbole tonique et admirable du précieux dialogue islamo-chrétien auquel, parce qu’instruits de nos religions, nous accordons une importance toute particulière.

Léopold Sédar Senghor, le poète-président, issu de deux minorités, ethnique et religieuse, sérère et catholique, avait été choisi et soutenu par la majorité musulmane pour présider, vingt ans durant, aux destinées de notre cher Sénégal.
Homme d’État visionnaire et intellectuel profondément civilisé, Senghor avait beaucoup médité sur les vertus de l’unité et de la concorde. L’aura et le bonheur de vie dont reste baignée son œuvre respirent encore l’oxygène d’une riche et puissante réflexion sur le « compromis dynamique » et « l’accord conciliant », deux concepts qui résument l’essence du « vivre ensemble sénégalais » basé sur la culture d’un merveilleux lien social tout tourné vers la recherche et la consolidation de ce qui unit et qui permet d’aller à l’essentiel pour asseoir le commun vouloir de vie commune. Et tout le génie du peuple sénégalais est là, dans cette composition qui fait de la différence une complémentarité et de la particularité une synergie.
Aussi, pouvons-nous être fiers de notre unité nationale, fruit d’une diversité convergente et structurante.
Par la recherche constante du compromis dynamique, qui n’est pas compromission, et par la mystique de l’accord conciliant nous n’avons cessé de consolider, au quotidien, et en toutes circonstances, notre « vivre ensemble », gage de paix, de stabilité et de cohésion nationale.
Fragiles et à toujours consolider, la paix et l’unité nationale sont précieuses. Cette conviction est profonde en nous, surtout après ce que nous avons vécu dans notre pays aux premiers jours du mois de mars dernier. Le développement est certes le garant de la paix mais la paix est à coup sûr la condition sine qua non du développement.
En cette période de renouvellement douloureux des assises d’un monde qui vacille parce que constamment malmené par l’intolérance, l’égoïsme, l’arrogance, le repli sur soi et l’ignorance de l’autre, il est urgent de revenir sur les fondamentaux. Or, la paix, pour être durable dans la Cité, doit d’abord germer dans le cœur des citoyens.
La Paix ainsi que la Santé, seul qui te perd connaît ton prix et ta beauté !

Hier soir, j’ai relu un passage de L’Anthologie palatine qui date du 1er siècle avant J.-C. Aujourd’hui, en cette veille de fête de Pâques et de célébration de notre souveraineté retrouvée, je voudrais partager ma lecture avec tous, avec vous mes chers compatriotes et avec vous, hôtes étrangers qui vivez parmi nous dans ce beau pays de téranga légendaire.

« Corinthe, où sont tes murs, où sont tes forteresses, tes palais, tes jardins et ton orgueil ?
Où sont les époux et les tendres maitresses ?
Ton peuple, par milliers, où dort-il aujourd’hui ?
La guerre a tout brisé en son obscène rage ;
Rien ne subsiste plus du luxe dispersé
Et seule, nymphe grise errante sur la plage,
La mouette semble pleurer sur son passé »

Oui, elle est précieuse, la paix, la paix civile, la paix des cœurs et des esprits.
En ces temps troubles où des hordes de malfaiteurs ont versé le sang des humanités et déchiré nombre de pays autour de nous, puissions-nous méditer ce vieil adage latin qui dit : Concordia civium murus urbium qui veut dire : « la concorde entre citoyens, voilà la muraille(protectrice) des villes

Bonne fête de Pâques et bonne fête pour les 61 ans d’indépendance de notre cher Sénégal où vit un vaillant peuple un et sans couture.

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