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"POUR UNE FESSÉE D’ORANGE MAIS PAS DE GIFLES"

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La guerre des prix entre Sonatel et Wave passionnent les usagers sur les transferts d’argent. Le débat est très mal posé car il fait le lit des populistes qui pourtant se déclaraient nationalistes convaincus. Ces nationalistes se révèlent comme supporteurs de Wave, une entreprise étrangère. Une incohérence ?

La Sonatel est en grande partie sénégalaise. Pour être plus précis, 27,2 % des actions sont détenues par l’Etat du Sénégal, 7,3% par le personnel de Sonatel, 42,3% par Orange OMEGA et les 23,2% restants constituent le bloc flottant (BRVM).

Notre devoir militant est de prendre partie pour notre champion national. Soit précisé en passant, Je ne suis nullement lié ni directement, ni indirectement à la Sonatel ; à part que j’ai une affection particulière pour cette société car mon défunt leader Djibo Leyti Ka, avec d’autres cadres sénégalais ont participé à la création de la Sonatel, c’est la raison subjective.

La raison principale et objective pour laquelle je souhaite que nous soyons complaisants avec cette société est qu’elle est la seule multinationale cotée en bourse dans laquelle nous détenons des actions conséquentes.

Je comprends très bien les frustrations et les ressentiments des usagers envers Orange. Elle a eu une attitude arrogante et gourmande dans le passé. Je me rappelle encore cette forte campagne en direction de la diaspora contre la décision du Président Wade d’ajouter une petite taxe sur les appels entrants pour financer des politiques sociales. Le président Macky Sall a cassé cette décision pour des raisons purement populistes.

La Sonatel ne s’est gênée d’augmenter les tarifs sur les appels entrants. Le double payement (pour l’envoie et pour le retrait) sur une transaction était aussi gourmande et injuste. Malgré ces griefs, gardons-nous de jeter le bébé avec l’eau du bain. Une fessée mais pas de gifles !

La guerre entre Orange et Wave est complexe, elle ne se joue pas qu’au niveau des prix. Quelques pauvres francs de moins de la part de Wave (qui signifie vague en Anglais) ne doit pas emporter notre champion national.

C’est sur le terrain du Socialisme démocrate et de la nouvelle réalité économique dans un contexte mondialisé que j’invite nos compatriotes de pardonner notre entreprise.

La Sonatel c’est un réseau, une masse salariale énorme, des infrastructures, un outil géopolitique et de sécurité nationale alors que Wave est juste un logiciel et une petite équipe de marketing. Mieux Wave fait d’énormes marges sur les taux de change. Elle peut se permettre de casser les prix.

Cependant il faut garder à l’esprit que les entreprises numériques et digitales comme Wave ont tué, ailleurs dans le monde, les entreprises traditionnelles comme la Sonatel. Les exemples Netflix et Blockbuster, Uber/Lyft et les compagnies de Taxi. La Sonatel doit se réinventer pour s’adapter et développer une stratégie dans l’optique de plaire aux usagers.

Hady WANE

27 novembre 2021


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