POURQUOI GBAGBO ET BLÉ GOUDÉ RESTENT EN PRISON MALGRÉ LEUR ACQUITTEMENT

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COUR PÉNALE INTERNATIONALE

En détention préventive depuis plus de 7 ans, l’ancien président de la République de la Côte d’Ivoire (du 26 octobre 2000 au 4 décembre 2010) Laurent Gbagbo et son bras droit, Charles Blé Goudé, continuent leur séjour en prison, malgré leur acquittement pour crimes contre l’humanité. Ce, suite à une décision temporaire, prise hier par la Chambre d’appel de la Cour pénale internationale (CPI). Explications d’une « situation exceptionnelle », conduisant au maintien en détention des deux responsables politiques ivoiriens, qui devront prendre leur mal en patience, au moins jusqu’au 1er février prochain.

Dans un communiqué publié sur son site web, la Chambre d’appel de la CPI confirme, que la majorité des cinq juges (Howard Morrison et Piotr Hofmański joignant une opinion dissidente), « a décidé que Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé resteront en détention dans l’attente de la décision de la Chambre d’appel sur l’appel de l’accusation contre la décision de la Chambre de première instance, concernant la mise en liberté » des deux Ivoiriens, suite à leur acquittement prononcé le 15 janvier dernier par la Cour.

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La dernière carte de la Gambienne, Fatou Bensouda

Cette décision est une façon de garantir, à la Gambienne Fatou Bensouda, patronne du Bureau du Procureur de la CPI, le droit de se pourvoir en appel sur le fond du dossier. Le fait que l’acquittement avait été prononcé sans que les motivations des cinq juges ne furent précisées et notifiée au Bureau du Procureur est la principale cause de l’attente à laquelle Gbagbo et Blé Goudé devront s’astreindre pour quelques semaines encore. Lesdites motivations seront, en effet, consignées dans un document détaillé et exhaustif, et tant que cela n’est pas encore fait, Fatou Bensouda, qui a déjà annoncé sa décision d’interjeter appel, n’abattra pas sa dernière carte.

En attendant que le document soit disponible, Gbagbo et son bras, même acquittés, devront donc prendre leur mal en patience puisque la Gambienne leur s’appuie sur la possibilité qu’ils ont de prendre la fuite avant qu’elle n’active son droit d’appel de la décision de la CPI. Une éventualité prise en compte par trois des cinq juges qui ont ainsi évité le risque de devoir procéder à une nouvelle arrestation si d’aventure, l’appel de Fatou Bensouda était confirmé plus tard.

Rendez-vous le 1er février

Le procès est donc loin de connaitre son épilogue. Dans les jours qui viennent, la défense des deux Ivoiriens va encore croiser le fer, par écrit, avec le Bureau du Procureur, à propos de leur libération. Arguments contre arguments, jusqu’au 1er février prochain, date à laquelle partie civile (représentée par le Bureau du Procureur) et défense sont convoquées à une audience devant les cinq juges de la Chambre d’Appel de la CPI, qui va statuer sur le sort de Gbagbo et Blé Goudé, en détention préventive depuis le 30 novembre 2011, au centre de détention de la CPI, à La Haye (Pays-Bas).

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