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« POURQUOI J’AI DÉCIDÉ DE M’ÉTABLIR A SAINT-LOUIS »

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Avocat à la Cour et tête de liste de la coalition alternative, les verts pour la mairie de Saint-Louis, Me Alioune Abatalib Guèye est l’invité de Mamoudou Ibra Kane dans le Jury du dimanche. Sur les ondes de la 90.3 Iradio, il lui a été posé la question de savoir comment lui est venu cette idée, en tant qu’avocat, de s’établir à Saint Louis depuis 1984 et qu’il n’a pas quitté depuis lors ? Pour répondre à cette interrogation, la robe noire a indiqué que : « parce que Saint-Louis m’a éduqué, c’est Saint-Louis qui m’a tout donné et c’est Saint-Louis qui a forgé ma personnalité. Et après, j’ai constaté en définitive par rapport au niveau de vie de Saint-Louis que tout le monde n’a pas la possibilité de se payer un avocat. J’avoue que lorsque je venais à Saint-Louis les gens me disaient mais Me Abatalib tu vas au suicide parce que Saint-Louis y’a rien. Non seulement on ne te paiera pas mais le peu que tu as servira pour des actions sociales ». Pour justifier son choix de rester à Saint-Louis, il pense qu’on ne peut pas développer un pays par la capitale seulement. « Si les régions se développent il n’y aura plus d’exodes. Il faut rendre justice aux régions pour que dans tous les secteurs qu’elles puissent être bien servies.

« Quelle lecture faites-vous de la situation actuelle du Sénégal ? »
Parlant de la situation actuelle de notre pays, il a rappelé que : « nous avons eu la chance d’être là lorsque le président Senghor nous donnait rendez-vous en l’an 2000. Maintenant nous sommes en l’an 2021 c’est-à-dire 21 ans après. Qu’est devenu le Sénégal ? D’accord le Sénégal reste un havre de paix même s’il y’a parfois des soubresauts surtout dans le domaine politique. Donc, il y’a cette stabilité. Jusqu’à présent on ne meurt pas de faim du fait de la solidarité familiale. Mais essentiellement la frange la plus importante c’est-à-dire les jeunes sont en train de mourir en mer parce qu’ils n’ont pas d’emploi. Certes la pauvreté est là mais ce qui nous sauve, comme je l’ai dit, c’est la solidarité familiale. Vous rentrez dans n’importe quelle maison vous mangez ». Devant le jury du dimanche, il a soutenu que quelle que part du point de vue économique, il est plus difficile de vivre maintenant qu’il y’a 40 ans. « Parce que tout est devenu cher. L’eau, l’électricité, l’éducation, etc. Tout est devenu cher et malheureusement se sont toujours les retraités ou les femmes qui supportent encore cela dans les foyers », regrette-t-il.

Cheikh Moussa SARR
Abdoulaye SYLLA (photo)

14 novembre 2021