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POURQUOI LA SOCIÉTÉ CIVILE TIRE LA SONNETTE D’ALARME

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Les élections territoriales qui se tiendront le 23 janvier prochain suscitent déjà des inquiétudes. Des craintes justifiées, au vu des scènes de violences qui ont émaillé dernièrement certaines manifestations politiques. Et il faut dire que la tension est toujours palpable. Un prétexte, pour le Groupe de recherches et d’appui pour la démocratie participative et la bonne gouvernance (Gradec) d’organiser un panel pour échanger avec les acteurs politiques et la société civile, sur les risques de violences qui planent sur les élections locales. Une occasion de trouver également les moyens pour juguler ces velléités. Et au-delà de ce panel de lancement, le Gradec et ses partenaires ont décidé d’aller sur le terrain et de faire de la sensibilisation au niveau de tous les acteurs politiques, des jeunes et des femmes.

C’est dans ce sens qu’ils ont pris pour cible la région de la Casamance, notamment Ziguinchor, mais aussi Dakar avec les quartiers comme Grand-Yoff, Parcelles assainies, Golf Sud. Sur le choix de ces localités qui constituent de grands enjeux au plan politique, le secrétaire général du Gradec a expliqué qu’à Dakar, ils ont essayé de se baser sur la densité électorale. « Quand vous prenez une localité comme Grand-Yoff ou Parcelles Assainies, du point de vue du potentiel électoral et de la taille, c’est potentiellement les localités les plus importantes. Et il n’est pas rare d’entendre les gens dire que qui gagne Grand-Yoff et Parcelles gagne Dakar. En fait, c’est un melting-pot où on a toutes les sensibilités politiques », a expliqué Babacar Fall.

« L’enjeu, c’est le gaz et le pétrole »

Mais pour le cas de Ziguinchor qui, pendant une quarantaine d’années, était en proie à des violences et qui, aujourd’hui, est le fief de Ousmane Sonko, arrivé 3ème à l’élection présidentielle, cela pourrait, selon lui, attiser le feu. M. Fall en veut pour preuve la dernière visite du Président du Pastef à Ziguinchor et les violences entre ses partisans et ceux de Doudou Ka. Raison pour laquelle, ils ont décidé de l’inclure dans leur programme pour aller prêcher la bonne parole, pour que les élections puissent se dérouler dans la tranquillité, dans la paix mais surtout dans la transparence.

Modérateur de la rencontre dont le thème est « Les conflits électoraux, enjeux et mécanismes de gestion », Alioune Tine qui reste convaincu que « les élections doivent être et rester la fête de la démocratie », a tenu à rappeler que l’objectif, c’est de dissiper les craintes des populations, qui sont du moins, très légitimes. Il a, à ce propos convoqué l’histoire en rappelant que dans les années ‘’80’’, les partis politiques avaient un ancrage sociologique et un programme. Mais aujourd’hui, regrette-t-il, « l’enjeu, c’est le gaz et le pétrole, mais aussi les postes à pourvoir ». Abondant dans le même sens, le professeur Babacar Guéye qui a rappelé que depuis quelques années, les élections sont « génératrices de violences », a appelé les différentes parties prenantes au calme et à la sérénité, pour des élections apaisées.

Ndèye Anna NDIAYE

14 décembre 2021


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