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POURQUOI LES COALITIONS SONT AU BORD DE L’IMPLOSION

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Le démarrage des dépôts de dossiers de candidatures pour les prochaines élections territoriales est prévu sur la période du 30 octobre au 4 novembre prochain. Mais pour l’instant, ça bouillonne au sein de toutes les coalitions. Les divergences se font ressentir. Certains n’arrivent pas à accorder leurs violons sur les choix des personnalités. Au sein de la coalition de la majorité présidentielle, des déclarations unilatérales de candidatures ont été faites par des responsables de l’Alliance pour la république au moment où l’arbitrage du Président de la Coalition Benno Bokk Yakkar en l’occurrence, Macky Sall, est très attendu pour divulguer les noms des candidats de la coalition aux prochaines joutes électorales. La dernière en date est celle de Mary Teuw Niane. L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et actuel PCA de PETROSEN, a annoncé sa candidature pour la mairie de Saint-Louis.

« J’ai l’intime conviction qu’il ne revient à aucune autorité à Dakar de choisir le maire de Saint Louis », a-t-il déclaré avant d’indiquer qu’il appartient aux Saint-Louisiens, à travers leur vote, de choisir leur maire et l’équipe municipale, selon le journal Le Soleil. Il n’est pas le seul responsable au sein de la coalition de la majorité présidentielle à avoir déclaré sa candidature. L’ex ministre de la Jeunesse Mame Mbaye Niang a déclaré sa candidature pour la mairie de Dakar. Même s’il a eu à préciser qu’il ne s’agit ni d’une bravade ni d’une défiance envers le Président de la république. À l’instar de Mame Mbaye Niang et de Mary Teuw Niane, le maire de Diourbel refuse de se soumettre aux instructions du parti. Ainsi, il a annoncé sa candidature à sa propre succession. « Nous refusons qu’une personne choisisse un maire à notre place et nul ne doit le faire pour la population de Diourbel », avait-il soutenu, toujours selon notre source.

L’opposition pas en reste
En effet, ces dissonances ne sont pas bien exclusives à la coalition Benno Bokk Yakkar. Au niveau des coalitions de l’opposition, il y a également des problèmes de leadership, de rivalités de choix par rapport aux têtes de liste. Aussi dans « Wallu Sénégal » que dans « Yewwi Askan wi », des positions contradictoires commencent à se dégager. Les leaders de ces coalitions ne semblent pas être en mesure de trouver un consensus autour des points essentiels pour mettre en place des équipes victorieuses. D’ailleurs, Pastef Dakar, n’étant pas d’accord sur le choix des têtes de listes dans la capitale, avait suspendu ses activités au sein de « Yewwi Askan Wi » avant de faire un revirement.

Au sein de la coalition « Wallu Sénégal », le choix du candidat de ladite coalition pour Dakar divise le Parti démocratique sénégalais (Pds) et Bokk Gis-Gis de Pape Diop. Ainsi, force est de reconnaître qu’il y a des agitations au sein de toutes les coalitions qui sont constituées pour les élections territoriales prévues en janvier 2022. Elles éprouvent toutes la difficulté à choisir des personnalités politiques à investir.

L’œil de l’expert
« Au sein de la majorité présidentielle, on a entendu le choix du président de la République relatif à la reconduction de ceux qui étaient à la tête des départements et des communes. Cette décision du chef de l’État va créer des situations de défiance. Certains candidats ne vont pas s’aligner aux directives de la coalition. Donc, cela risque de créer des situations sans précédent dans de telles coalitions.
Et le cas de Mary Teuw Niane risque de se généraliser aussi bien à Dakar qu’à l’intérieur du pays », a expliqué Pr Moussa Diaw, analyste politique. Quid des divergences notées au sein des coalitions de l’opposition ? Moussa Diaw d’indiquer qu’elles risquent de les fragiliser. « Plus qu’il y a des divergences au sein des coalitions de l’opposition, mieux ça va pour la majorité présidentielle. Elle va profiter de ces éclatements de l’opposition pour remporter les élections », a fait savoir Moussa Diaw au journal Le Soleil.

Selon lui, il faut que l’opposition analyse les risques, les mesures afin de savoir quelle position prendre pour remporter ces élections. « Si les leaders de l’opposition ne taisent pas leurs comportements égoïstes ou égocentriques, ça risque de se refléter sur les résultats. Si jamais ces contradictions ne sont pas réglées, ils vont perdre ces élections », prévient-il.

Babacar FALL

23 octobre 2021