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POURQUOI LES TAUX D’INTÉRÊT POSENT PROBLÈME

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L’inauguration d’une Mutuelle de crédit des agents du service public et parapublic (Mecap) a été l’occasion pour le directeur de la Microfinance de lister les limites du secteur. Et les taux d’intérêt des institutions de microfinance ont été au centre des préoccupations.

Moussa Dieng a inauguré la Mutuelle de crédit des agents du service public et parapublic (Mecap). A cette occasion, le directeur de la Microfinance a analysé les limites du secteur en exposant sur les taux. C’est le Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) qui fixe les taux d’usure pour la microfinance. « Ça, c’est le taux que tous le Fonds social de développement (Fsd) ou aucune institution ne peut dépasser, c’est la loi. Maintenant, il est loisible à un Fsd d’aller jusqu’à 24%. Tout ce qui est interdit, c’est de dépasser les 24% », a-t-il expliqué.

Selon lui, si le taux d’usure est élevé cela ne relève pas des Fsd. « Cependant, nous aimerions que les taux soient beaucoup plus allégés. Ça, c’est important surtout pour les populations vulnérables. Il faut tout faire pour que ces taux ne soient pas élevés », a-t-il insisté. D’après M. Dieng, il y a des explications à mettre sur la table pour démontrer pourquoi le taux est élevé. D’abord, il y a le coût des ressources, l’origine de l’argent que les institutions de microfinance prêtent. « Ils empruntent au niveau du secteur bancaire avec des taux élevés. Ces taux, il faut qu’ils mettent quelque chose pour gagner. L’autre aspect, c’est l’épargne des populations mais de courte durée. Elle ne permet pas de transformer cela en crédit parce qu’il y a des ratios et des normes financières à respecter dans ce domaine. Donc, il y a autant de facteurs qui font que les taux sont élevés », a souligné le directeur de la Microfinance.

Les clients semblent être laissés à la merci des institutions de microfinance. Mais, pour M. Dieng, l’Etat n’est pas impuissant par rapport à cela. « L’Etat a mis en place des mécanismes qui sont en train d’être mis en œuvre pour impacter le taux ». D’où la mise en place du Fonds national de microfinance en 2020, créé par le président de la République. « Sa mission, c’est de faire en sorte que les institutions de microfinance puissent disposer de ressources longues. Il y a un autre mécanisme qui a des taux assez allégés. Ce qui permettra d’avoir des ressources s’ils ont par exemple des taux de 2%, 3% pour prêter à un taux de moins de deux chiffres. Contrairement aux banques qui prêtent à 9 ou 10% », a-t-il étayé.

Auparavant, le maire de Yoff, Seydina Issa Laye Samb avait fait un plaidoyer dans ce sens. « Les municipalités ont besoin d’être accompagnées surtout pour la levée des fonds. Je plaide pour que les taux d’intérêt soient revus à la baisse ». Pour sa part, Assane Sakho, directeur général du Mecap a soutenu que leur structure compte 37 000 salariés bénéficiaires des services avec 16 milliards d’encours de crédit et 14 milliards d’encours d’épargne.

Suzanne SY

29 décembre 2022


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