PR CHEIKH IBRAHIMA NIANG : « LA POLITISATION D’UNE ÉPIDÉMIE CONDUIT À UNE CATASTROPHE »

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JURY DU DIMANCHE

Devant le Jury du dimanche (JDD), ce 08 août, Pr Cheikh Ibrahima Niang, socio-anthropologue, n’a pas raté la classe politique. "Au début, il y avait cette union sacrée. Ensuite, bien avant la fin, le discours politicien s’en est mêlé", a-t-il déploré, faisant référence à l’expansion de Delta sous nos cieux. "Or, dans la lutte contre les épidémies, dès que le politique (pouvoir et opposition) prend le dessus, qu’on utilise une épidémie pour obtenir des gains politiques des deux côtés, nous avons une décrédibilisation du discours. Parce que dès que vous dites quelque chose, on dit c’est parce que vous êtes aligné. Alors que le discours scientifique cherche une neutralité par rapport au camp politique ", leur a-t-il reproché.

Et, pour avoir fait le Nord Kivu, une zone de guerre, en République démocratique du Congo (RDC), et les pays qui ont souffert des traumatismes des guerres et des tensions politiques, il avertit que "la politisation d’une épidémie conduit vers la catastrophe." D’où son appel à une "trêve". Car "l’heure n’est pas à la récupération politique." Mais "pour le moment, on a besoin de toute la société, quelles que soient les identités culturelles ou sociales", a-t-il insisté. D’autant plus que "quand la société est confrontée à un défi que la dépasse, elle fait taire ses querelles internes. Elle crée une cohésion, un bloc à partir duquel on fait face à l’adversité", a-t-il conseillé.

Seul bémol, les locales de janvier 2022 pointent à l’horizon. "C’est là qu’on va juger de leur sacerdoce", a-t-il relevé.

Interpellé sur la polémique du matériel médical suivie d’une plainte du ministre de la Santé, Abdoulaye Diouf Sarr, contre le spécialiste des Urgences et Médecin-chef de Suma Assistance, Dr Babacar Niang, il a souligné que l’urgence est ailleurs. "Il va falloir faire le point dans tous les cas mais à l’heure actuelle, est-ce qu’une plainte ne va pas créer un martyr ? Et amplifier des polémiques au niveau de la société ?". "Il faut, d’abord, éteindre l’incendie", a-t-il prôné.

Contre "la centralisation de toute la réponse à l’hôpital", il a préconisé une "déconcentration", à côté de la prévention au niveau communautaire. L’objectif, selon lui, est de "voir comment casser la chaine de transmission au sein même de la famille." Cela, "dans la reconnaissance de la place centrale de la femme dans l’éducation pour la santé et la fabrique de la santé".

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