PR MBAYE THIAM : « JE N’AI JAMAIS ENTENDU TANOR PARLER EN MAL DE QUELQU’UN EN POLITIQUE »

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DÉCÈS DU SG DU PS

Le Sénégal est en deuil. Ousmane Tanor Dieng, Secrétaire général du Parti socialiste, est décédé ce lundi, à l’âge de 72 ans.

Professeur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Mbaye Thiam tout ému, témoigne. « J’ai appris tout à l’heure comme par hasard le rappel à Dieu d’un de nos compatriotes Ousmane Tanor Dieng. J’ai des relations de famille avec cette personne. Son épouse est ma petite sœur. On a vécu ensemble dans la même maison, on a grandi ensemble ». Selon lui, Ousmane Tanor Dieng, avant d’être un homme d’Etat, était un homme tout court. C’est-à-dire une personne pétrie de valeurs de son terroir, des valeurs inculquées par sa famille. « Ousmane Tanor Dieng est arrivé au plus haut sommet de l’Etat, mais les vertus qu’il y a développées, au-delà de l’efficacité, ressortissent de l’éducation qu’il a reçue et des convictions morales et fortes qui l’ont chevillé avant de lui donner une idéologie et une qualification d’homme d’Etat ».

Il poursuit : « Je rappelle toujours que notre culture est devant nos compétences, nos savoirs. Notre savoir être est devant nos savoirs. Ousmane Tanor Dieng a fait la preuve par son mutisme, alors que c’est l’homme le mieux informé de ce pays. Par son mutisme, il savait ce que c’est que l’Etat. Ousmane Tanor Dieng a fait preuve par sa discrétion, son humilité, sa manière de faire en politique, qui fait qu’il n’a jamais préféré l’affrontement avec qui que ce soit. On n’a jamais entendu Ousmane Tanor Dieng parler en mal de quelqu’un en politique. Et pourtant, qui a reçu plus de coups que lui entre 2000 à maintenant ? Il n’a jamais rendu les coups. Il s’est forgé l’obligation de rester dans le culte de la vertu, dans le culte de la morale au service de la politique. Et c’est cela qui lui vaut, aujourd’hui, l’unanimité de tous ses camarades comme ses adversaires ».

Dans le même sillage, il révèle avoir déposé, vendredi dernier, au siège du parti socialiste, le rapport final de l’étude qu’il lui avait confié sur les archives du parti socialiste et la bibliothèque. « Malheureusemen,t il ne le lira pas. Mais, il l’aidera à la postérité parce que c’est un homme de continuité qui a compris que cet héritage ne lui appartenait pas. Il avait promis, à son retour, d’organiser un colloque sur archives et vie politique et une exposition sur l’histoire du parti socialiste ».

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