PR OUSMANE KHOUMA : « LA SUPPRESSION DU POSTE DE PREMIER MINISTRE PEUT AVOIR UNE COHÉRENCE »

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LR DU TEMPS

Ousmane Khouma et Souleymane Elgas Diagne, respectivement maître de conférences à l’Ucad et journaliste sociologue étaient, ce samedi, les invités de l’émission LR du temps sur lradio (90.3). Les deux se sont prononcés sur la suppression annoncée du poste du Premier ministre.

Pour Ousmane Khouma, cela peut avoir une certaine cohérence au regard de notre histoire institutionnelle. « La cohérence pourrait être remarquée dans la mesure où j’ai toujours considéré qu’il y avait un nommant de trop entre le président de la République et le Premier ministre compte tenu de notre architecture institutionnelle. Le président de la République détermine la politique de la Nation et c’est le Premier ministre et le gouvernement qui sont responsables devant l’Assemblée nationale d’une politique qu’ils ne déterminent pas. Donc, d’un point de vue juridique, on peut mettre fin à cette incohérence », a expliqué le maître de conférence à la faculté de droit de l’UCAD.

Cependant, il estime que la raison majeure de cette innovation est à rechercher sur le terrain politique. « Si on désignait un Premier ministre l’interprétation aurait été le choix d’un dauphin. Donc, un Premier ministre qui passerait son temps non pas à travailler pour les 5 ans mais sans doute à lorgner le fauteuil présidentiel. Maintenant, le caractère présidentiel du régime sera plus marqué dès que le président a décidé de prendre les choses en main. Il est à lui seul l’exécutif. Les autres sont ses collaborateurs. Il y aura une séparation plus stricte des pouvoirs. Constitutionnellement, juridiquement cela peut avoir une certaine cohérence ».

Pour sa part, le journaliste et sociologue Souleymane Elgas Diagne voit en cette suppression du poste du Premier ministre un « coup politique ». « On peut dire que Macky Sall a envie d’être au-devant de la scène directement pour s’occuper d’une présidence dans un rapport direct. Il pourra superviser directement sans intermédiaire l’exécution des tâches qu’il confiait au Premier ministre », soutient-il.

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