PRÉSIDENTIELLE EN MAURITANIE : LA FIÈVRE MONTE

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REPORTAGE

La campagne électorale tire à sa fin en Mauritanie. Ouverte début juin, précisément le 7, elle va se clore ce jeudi à minuit sur l’ensemble du territoire que les six candidats en lice ont sillonné de long en large pour expliquer, séduire et convaincre les citoyens. Pendant trois semaines, le pays a vibré aux sons et aux couleurs des états-majors politiques, chaque calo vantant les mérites de son champion.

Les meetings de clôture se préparent activement dans la capitale, Nouakchott, où l’effervescence s’amplifie à mesure que l’échéance approche. Calme le jour, la ville semble se réveiller la nuit avec une procession interminable de véhicules le long des artères bondées de monde. E-média l’a constaté hier, mercredi, en parcourant certains quartiers pavoisés de drapelets et tapissés d’affiches et de banderoles à l’effigie des candidats.

Des tentes joliment ornés et soigneusement décorés, jalonnent les rues et, à la tombée de la nuit, partisans, amis, proches et collègues convergent vers ces lieux de réjouissance. Chants, danses, you-you rythment ces soirées parfois déchirées par l’envolée lyrique d’une cantatrice de renom ou d’un chanteur faisant le « buzz » pendant que le public donne de la voix. L’originalité et la créativité sont recherchées, ce qui justifie les sommes parfois colossales investies dans ces raouts pour drainer les foules et impressionner les camps rivaux.

Une affiche de l’opposant Dr Mohamed Ould Maouloud

La qualité des tentes ou « khayma » en hassania (langue la plus parlée) renseigne sur le standing des soutiens, généralement de riches commerçants ou des hommes d’affaires avertis dont les entrées remarquées hystérisent les militants ou les sympathisants venus pour s’informer ou pour se faire une idée du choix décisif à opérer, le samedi 22 juin, jour de l’élection présidentielle tant attendue en Mauritanie.

Deux figures de proue de l’échiquier politique retiennent l’attention. L’opposant historique, Ahmed Ould Daddah, qui s’est tu tout au long de la campagne, s’est prononcé hier soir, en appelant à voter pour Dr Mohamed Ould Maouloud, chef du parti de l’Union des forces du progrès (UFP, gauche). Ce soutien n’est pas pour surprendre les observateurs avertis de la scène politique mauritanienne qui voit dans ce rapprochement une convergence des forces dites démocratiques dont les alliances ont été scellées au cours des campagnes précédentes.

Le président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz, dont le second mandat s’achève en août et qui ne peut se représenter, s’apprête ce soir à s’adresser au pays par presse nationale interposée. Sa succession étant ouverte, il appuie fortement Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed Ghazaoui perçu, ici, comme le « candidat du pouvoir ». Ce dernier et ses sympathisants gravitant autour de l’Union pour la République (UPR) ratissent large et mènent campagne avec une époustouflante profusion de moyens financiers et logistiques. D’après la Constitution mauritanienne, l’actuel président Aziz ne peut pas briguer de troisième mandat.
La population mauritanienne se compose de communautés arabo-berbère, Haratine et afro-mauritanienne, Peuls, Soninkés et Wolof, notamment.

Les thèmes de la sécurité et du social ont dominé la campagne avec des propositions et des engagements annoncés à grands renforts de communication par l’ensemble des candidats. Samedi, 22 juin, les électeurs les départageront.

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