PRIÈRES ET RECUEILLEMENT À LA RAWDA DE THIERNO SEYDOU NOUROU

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Ziarra annuelle omarienne

La Mosquée omarienne refuse du monde depuis ce vendredi matin, 25 janvier, premier jour de la commémoration de la Ziarra annuelle omarienne célébrée jusqu’au 27 janvier. La 39ème édition est étalée sur trois jours au lieu des cinq habituels.

C’est l’affluence au mausolée que partage Thierno Seydou Nourou Tall et Thierno Mountaga Tall et celui situé un peu plus loin de Thierno Macky Habibou Nourou. Les lieux ne désemplissent pas. Les fidèles ont quitté tous les coins du Sénégal. Guédiawaye, HLM, Matam, Podor, Tivaouane, et même au-delà, des pays comme la Mauritanie, pour assister à l’événement. Plus l’heure de la prière du vendredi approche, plus le nombre de pèlerins grossit. Pour eux, il est impensable de rater l’événement auquel certains assistent depuis plus de trente ans aujourd’hui.

C’est le cas de Mamay Touré. Le vieil homme y vient depuis 1981. Arrivé de Matam, il y a une semaine, il est là rien que pour la Ziarra. Arrivée à 04 heures ce vendredi matin, Penda Sow est dans la délégation de la Dahira El Hadji Seydou Nourou Tall, venue également de Matam. Pour elle, c’est un « appel auquel elle n’a pas droit de ne pas répondre ». Marque de prière au front, la dame égrène son chapelet après s’être recueillie au mausolée de Thierno Seydou Nourou et Thierno Mountaga Tall, rappelés à Dieu respectivement le 25 janvier 1980 et le 12 janvier 2007.

La délégation mauritanienne est forte de 75 membres. Tout de blanc vêtues, elles se présentent comme les « hôtesses » de la Ziarra. Parmi elle, il y a Coumba Sarr. De teint clair, la dame participe à sa troisième édition de la Ziarra. Elle se dit « très émue ». « Je suis venue solliciter des prières pour avoir la ’’baraqua’’ (grâce). Cela vaut bien tous les désagréments liés au voyage (crevaison, soif et faim, entre autres). Cela ne compte plus depuis que nous sommes arrivées. On est trop contentes. D’autant que cela permet également de nouer des liens avec les autres membres de la communauté. »

D’autres fidèles viennent pour la première fois. C’est le cas de Maïmouna Ba. Venue de Ziguinchor, la jeune femme de teint noir et foulard bleu autour du cou, perpétue une tradition de sa famille. « C’est ma mère qui venait tous les ans, confie-t-elle. Cette année, elle en est incapable. C’est la raison de ma présence. Au-delà de ça, je suis venue également pour découvrir. J’entendais parler de Cheikh Oumar, j’ai tout fait pour venir. Je ne le regrette pas. La délégation a quitté le sud du pays depuis mercredi. C’est vrai que le voyage a été difficile mais ce n’est pas grave. »

Taraudée par la curiosité, Mounel Komé, lunettes bien ajustées, a quitté Nouakchott, la capitale mauritanienne, le même jour que la délégation de Coumba Sarr. « C’est ma première Ziarra. J’entendais parler de l’événement. Cette fois-ci, j’ai pris l’engagement de venir pour vivre ce grand événement. Je ne le regrette vraiment pas. Dorénavant, je viendrais tous les ans. »

La paix, rien que la paix

Les acteurs politiques sont interpelés. Très inquiets de la situation marquée par une vive tension préélectorale, les fidèles prient essentiellement pour que la paix règne durant la présidentielle du 24 février 2019. « La paix » est une des sollicitations autre que les prières formulées habituellement telles que la santé, l’ouverture, le bonheur, la foi, entre autres, qui revient le plus dans les réactions des fidèles. « Je sollicite des prières pour la paix surtout pour l’élection présidentielle du 24 février 2019 vers laquelle nous nous acheminons. Que Dieu fasse qu’elle se déroule dans la paix », dit Nago Diop en provenance du Fouta. Des prières reprises en choeur par la plupart des fidèles.

Présente à la Ziarra depuis cinq ans aujourd’hui, Aminata Wade, elle, cherche du travail. Elle est venue spécialement de Guédiawaye pour que son marabout Thierno Seydou Nourou Tall intercède certainement en sa faveur.
Membre de l’association des cellules omariennes, Adja Fayol Ndioum Tall dite Amy parle de « ceux » qui sont à l’origine de cette Ziarra : « C’est Thierno Seydou Nourou, le fils de Nourou qui est le fils d’El Hadji Omar. C’est un petit fils de Cheikh Omar Tall. Et Thierno Mountaga, neveu de Thierno Seydou Nourou Tall, est un arrière petit-fils. Le grand-père de Thierno Mountaga et le père de Thierno Seydou Nourou sont des frères. »

Le lien avec Tivaouane

Elle ajoute : « Mame Abdou Aziz Sy Dabakh avait recommandé d’organiser la Ziarra pour commémorer le décès, le 25 janvier 1980, de Thierno Seydou Cheikh Omar Foutiyou qui a beaucoup fait pour l’Islam, qui était presque le fils aîné d’El Hadji Malick Sy. Thierno Seydou est l’oncle de Thierno Mountaga. De son vivant, Thierno Seydou a dit à Serigne Mame Abdou qu’il veut être remplacé par Thierno Mountaga, qui a grandi sous l’aile protectrice en partie de Thierno Seydou Nourou Tall. »


« Mon histoire avec Thierno Seydou Nourou »

Ancien compagnon de Thierno Seydou Nourou Tall, Aliou Sy aujourd’hui âgé de 75 ans, peine à retenir ses larmes, en sortant du mausolée de Thierno Seydou Nourou Tall. « Il ne prenait jamais son petit déjeuner sans moi. Je ne peux plus marcher mais il fallait que je vienne. Je n’ai pas le droit de rater ce rendez-vous. Il m’a interdit de quitter le Sénégal. Si je quitte Ndioum, c’est pour venir directement à Dakar. Je ne vais nulle part ailleurs. » Leur dernière entrevue remonte à la veille de la mort du défunt Khalife de la famille Omarienne, le 24 janvier 1980.

La Ziarra, c’est aussi une opportunité économique que les vendeurs de chapelets, nattes de prière et de nourriture saisissent chaque année. Ce qu’ils ne regrettent jamais. Mamadou Diop, vendeurs de nattes de prières s’en frotte déjà les mains. La cérémonie officielle de la Ziarra est prévue le dimanche 27 janvier. La conférence aura, elle, lieu demain samedi, 26 janvier, au King Fahd Palace.
La prière du vendredi a été dirigée par Thierno Madani Tall, actuel Khalife de la famille.

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