Plaidoyer pour un programme national de dissémination des salles de cinéma

news-details
CULTURE

Contrairement aux années 70, les salles de cinéma n’existent presque plus au Sénégal. Elles sont devenues rares. Une situation qui freine l’essor du cinéma sénégalais. Invité de l’émission Jury du dimanche, Oumar Sall, producteur et Directeur général de la société de production Cinekap, a été interpellé sur la raréfaction des salles de cinéma au Sénégal.

A son avis, dans les années 70, le Sénégal avait la base d’une industrie cinématographique. D’après lui, la disparition des salles de cinéma a été accentuée pendant les années d’ajustement structurel où la culture est reléguée au second plan. « C’est quelque chose qui fait que le cinéma est au point mort », dit-il. Avant de rassurer que nous avons aujourd’hui dans la possibilité de permettre au cinéma de redorer son blason. « Nous connaissons la motivation et l’engagement que l’Etat porte au cinéma pour qu’il devienne une industrie tangible au Sénégal », a déclaré Oumar Sall. Qui pense qu’aujourd’hui, il faudrait que les initiatives privées soient au cœur des infrastructures. A son avis, un Etat n’a pas vocation ni de produire, ni de monter des films. « Un Etat accompagne, encadre l’environnement et nous aide à poser l’écosystème. Le problème du cinéma, c’est un problème d’écosystème. Il faut des salles de cinéma pour nous assurer, nous producteurs, les retours sur investissement. La salle de cinéma a cette fonction d’être le trait d’union entre le public et le film. Une salle de cinéma est obscure. Il faut des films pour les éclairer », soutient-il. Avant de plaider pour la mise en place d’un programme national de dissémination des salles de cinéma. « Il ne faut pas faire l’erreur du cinéma sénégalais qui est purement un cinéma urbain. On ne tourne qu’à Dakar.
Aujourd’hui, il faut aller tourner beaucoup en région. Cela permet également de valoriser le travail des élus locaux », indique-t-il. De même, il estime que l’Etat doit prendre des mesures fermes en taxant les géants du numérique et les opérateurs de téléphonie mobile.

En outre, il est d’avis que les producteurs doivent être capables de dire au président de la République l’apport du cinéma dans le Plan Sénégal Emergent. Car, le cinéma, au-delà de l’aspect divertissement, est une économie.

Vous pouvez réagir à cet article