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QUAND LE CAMEROUN JOUE À SE FAIRE PEUR

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À 40 jours du coup d’envoi de la 33e édition de la Coupe d’Afrique des Nations, le Cameroun, pays hôte, semble jouer au plus fin avec les observateurs et les autorités du football africain.

Pas l’ombre d’un doute, la Can se jouera bien au pays de Samuel Eto’o, qui semble davantage préoccupé par le chemin qui mène à son élection à la tête de la fédération de football du Cameroun que par l’organisation, chez lui, du prestigieux tournoi continental. Pourtant, à un peu plus d’un mois du début de la grande messe du football africain, les points d’interrogation subsistent et se sont même multipliés après l’échange épistolaire, la semaine dernière, entre les autorités de la Caf et celles du pays hôte.
Ce coup de pression venant du Secrétaire général Veron Mosengo-Omba, menaçant de délocaliser non pas la compétition mais la cérémonie d’ouverture, passe mal auprès du Comité d’organisation de la CAN mais sans lequel les choses n’auraient pas bougé. Depuis la lettre incendiaire du très controversé Vmo, il ne se passe pas une demi-journée sans que l’on ait droit à une séquence d’images pour montrer l’évolution du chantier et le Cameroun ne cesse de déployer ses antennes pour prouver qu’il accélère les travaux et annoncer urbi et orbi que l’essentiel du chantier du nouveau stade Olembe est bouclé à 97%.
C’en est devenu une affaire d’État. À tel point que le très brillant universitaire Narcisse Mouelle Kombi, par ailleurs écrivain, agrégé de Droit public et de Science politique, mais aussi ministre des Sports et surtout président du Comité local d’organisation de la Can 2021 a dû s’offrir le week-end dernier un voyage express au Caire, pour assister à l’Assemblée générale extraordinaire de la Caf et rassurer autant que faire se peut le très menaçant Comité exécutif.

Le Stade Olembé officiellement livré

Sans perdre de temps, dès le lendemain de son retour d’Égypte, il s’est déplacé sur les lieux qui cristallisent déjà et pour 75 jours encore, toute l’attention des férus de foot du contenu : le Complexe sportif Olembe (Coso) de Yaoundé, stade annoncé futuriste, très coûteux et qui portera le nom du Président Paul Biya, mais pas encore totalement prêt à accueillir le match d’ouverture et la finale de la Can pour lever les doutes. « Rentré du Caire en Égypte ce dimanche après-midi, nous nous sommes rendus sur le site du Coso ce soir, afin d’apprécier l’évolution des travaux de finition. Nous constatons avec satisfaction la forte mobilisation des équipes, 24h/24, l’aménagement des espaces extérieurs en cours, notamment les espaces verts dont les plants ensemencés recouvrent progressivement toutes les surfaces en terre, la finalisation des escaliers de l’entrée Vip et de ses parkings, la pose des écailles de pangolins, la mise en service des écrans géants, les tests de qualité du son et des lumières, etc. C’est avec plaisir que j’ai assisté à la préparation des outils qui serviront à la pose des dernières écailles de pangolins ce lundi 29 novembre », a-t-il déclaré tout en offrant, face caméra, quelques liasses de billets aux ouvriers.

Un discours détaillé du ministre, répondant point par point mais sans le nommer à la lettre du Secrétaire général de la Caf, qui est sensé rassurer mais qui rappelle étrangement les mots sortis il y a trois mois lors du tirage au sort de composition des groupes suivi d’une visite des chantiers, il y a six mois lors d’une précédente visite de chantiers, ou encore il y a deux ans quand des doutes naissaient déjà sur la capacité du Cameroun à finir ses chantiers à date échue.

Aujourd’hui, après la livraison officielle de l’infrastructure hier, mardi 30 novembre, sans doute d’autres retouches continueront d’être faites d’ici au Jour-J, d’autres impairs, à Olembé ou ailleurs, seront certainement masqués par la Caf qui malgré les coups de pression, n’a, en réalité, aucune autre alternative et semble d’ailleurs davantage concernée par les réformes engagées par la Fifa autour des compétitions internationales que par son tournoi-phare.
Mais ce n’est rien de tout cela qui empêchera le ballon de rouler, du 9 janvier au 6 février 2022, sur les pelouses de Yaoundé, Douala, Bafoussam, Garoua et Limbé pour déterminer laquelle des 24 sélections qualifiées décrochera le Graal.

4 décembre 2021

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