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QUAND LES EX DE 2000 PRENNENT LE POUVOIR

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Le pouvoir du foot aux footballeurs. Les anciens footballeurs ne veulent plus s’asseoir en arrière-plan. Après avoir servi le football africain et lui avoir donné ses lettres de noblesses, les anciens internationaux du football africain, principalement du début des années 2000, sonnent la révolte et décident de prendre le pouvoir administratif.

Quand feu Jules François Bocandé disait que la gestion du football doit revenir aux footballeurs, personne ne le prenait au sérieux. Aujourd’hui, une dizaine d’années après sa mort, l’histoire est en train de lui donner raison. Désormais, ils sont nombreux à vouloir non seulement intégrer les instances du football de leurs pays et s’en donnent les moyens. Être aux premières loges pour manager, prendre des initiatives et occuper les postes de décision. Samuel Eto’o fils n’est certainement pas celui qui a ouvert la voie mais c’est clairement celui qui porte au sommet la voix des anciens footballeurs aux ambitions de manager. L’ancien capitaine des Lions indomptables vient d’être élu à quelques semaines de l’ouverture de la 33eme Can chez lui, au Cameroun. Didier Drogba avait déjà annoncé la couleur depuis plusieurs mois. Les crocs-en-jambe et les peaux de bananes ont créé le tohu-bohu au sein de la Fédération ivoirienne de football, remplacée par un comité de normalisation et les élections reportées. Cependant, l’ancien joueur de Chelsea et de Marseille ne lâche toujours pas le morceau.

Ces initiatives ont donné des idées à beaucoup d’autres anciens footballeurs africains. Au lendemain de l’élection de l’ancien joueur de Barcelone et de l’Inter, El Hadji Ousseynou Diouf du Sénégal a décliné ses ambitions et ne cache pas qu’il souhaiterait marcher sur les pas de Samuel Eto’o d’ici quelques années. Pour le moment il est en phase d’apprentissage aux côtés d’Augustin Senghor, président de la Fédération sénégalaise de football et vice-président de la Caf. L’ancien entraîneur et président de la Linguère Amara Traore est quant à lui, déjà en embuscade. Il a intégré le comité Exécutif de la Fédération sénégalaise de football et à partir de là, tout est possible. Ne soyez pas surpris si un jour, l’ancien joueur de Gueugnon et sélectionneur des Lions du Sénégal, déclare haut et fort sa candidature pour diriger l’instance faîtière du football sénégalais.

En Afrique, l’idée de s’impliquer dans la gestion administrative des affaires du football prend ainsi de plus en plus son bonhomme de chemin. Au Ghana, Michael Essien serait en train de mener la réflexion et le fils de la star Abedi Pelé en l’occurrence André Ayew aimerait intégrer les instances du football ghanéen voire la Caf à la fin de sa carrière. Du côté de Lomé, Emmanuel Adebayor cherche le chemin et ne cache plus ses ambitions tandis qu’au Mali, Seydou Keita s’organiserait pour rentrer au pays pour « mettre en place quelque chose ».

Le football africain va devoir se préparer à faire de la place à certains anciens internationaux qui décident de franchir le rubicond pour ne plus se contenter des postes de conseiller, de coordonnateur, d’ambassadeur ou de faire les couloirs de Clairefontaine pour lorgner une licence de diplôme d’entraîneur. Maintenant la tendance est d’aller faire des diplômes de management du sport ou des organisations sportives pour mieux s’impliquer aux affaires sportives. Les dirigeants classiques qui viennent du bénévolat jusqu’à l’élite, sont avertis. Les hommes de terrain… veulent le pouvoir.

Abdoulatif DIOP
(Correspondant à Paris)

31 décembre 2021


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