QUE RISQUENT LES TÉMOINS QUI FILMENT LES SCÈNES D’ACCIDENT AU LIEU D’AIDER LES VICTIMES ?

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SOCIÉTÉ

Il est temps de mettre un terme à la ronde des voyeurs. Ceux qui n’ont pour réflexe que de sortir leurs appareils photos pendant que les victimes d’accidents agonisent le font certainement par méconnaissance mais ils pourraient bien tomber sous le coup de la loi...

Gare aux témoins qui filment les scènes d’accident au lieu de secourir les victimes, comme cela s’est passé hier jeudi, 26 décembre, dans l’accident qui a fait 3 morts et 8 blessés dont 7 graves à hauteur du stade Léopold Sédar Senghor (LSS). Ils risquent d’être poursuivis pour non-assistance à personne en danger. Un délit passible de 3 mois à 5 ans de prison et d’une amende allant de 25 mille à 1 million F CFA.

Joint par iRadio, Me Aboubacry Barro rappelle d’emblée que le délit de non-assistance de personne en danger est prévu par les dispositions de l’article 49 alinéa 2 du Code pénal. Avant de signaler : « Le fait de ne pas assister une personne en danger constitue en soi un délit mais qui est soumis à l’appréciation souveraine du juge, qui connait de l’affaire et doit la juger. Car le juge apprécie ’’est-ce que la personne en question en portant secours à cette personne en danger peut ne pas porter atteinte à sa vie sans risque’’. »

Les témoins qui filment les scènes d’accident peuvent-ils être poursuivis pour non-assistance à personne en danger ? « Oui et non en même temps, nuance, toutefois, l’avocat à la cour. Moralement, le fait de filmer une personne en danger est réprimé par la morale. Le droit n’en parlons même pas, il le réprime ». Au-delà, cet accident remet au goût du jour la sempiternelle question de la sécurité routière. Dans un communiqué, le Forum civil appelle l’Etat à revoir les conditions d’obtention du permis de conduire.

Indignés, des automobilises expriment leur méfiance vis-à-vis des camionneurs au lendemain du drame impliquant 2 camions frigoriques. « Personnellement, lorsque je vois un camion, non seulement, je laisse une distance mais aussi, je préfère toujours être derrière lui plutôt que devant. Parce que ce sont des véhicules très lourds qui perdent facilement leur frein, et souvent ce sont des jeunes de moins de 35 ans qui les conduisent. Ils sont souvent inconscients du danger, doublant n’importe où et n’importe comment, ils ne respectent ni la ligne du milieu, ni le code de la route », motive, l’un d’eux, Jean Berlin.

Khadija Sy, mère de famille, conduit la peur au ventre : « Je suis très prudente quand il y a un poids lourd devant moi. Je lui laisse de la distance, quand le véhicule est derrière moi, j’essaie de m’éloigner de lui le plus rapidement possible. Parce qu’on ne sait jamais s’il a des freins ou pas, généralement, ils n’en ont pas. La plupart du temps, ils conduisent comme ils sentent les choses. Je préconise qu’on leur fasse prendre conscience des risques qu’ils prennent non seulement pour eux mais également pour les autres automobilistes qu’ils croisent sur la route ».

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