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QUEL DÉLAI ET QUEL PROFIL ?

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Le chef de l’État, Macky Sall, « n’est pas obligé d’attendre l’installation » de la 14e législature pour nommer un Premier ministre. Une précision faite par le Pr Ngouda Mboup, invité du JDD, ce dimanche 7 août. Restauré depuis décembre 2021, le poste attend toujours d’être pourvu. D’ailleurs, le constitutionnaliste a expliqué qu’attendre « constituerait une violation continue de la Constitution. Là, rien n’interdit au président de la République de le faire » même si « l’élégance républicaine voudrait qu’il attende au moins la proclamation des résultats officiels ».

Le professeur de droit public, rappelant que « le président de la République nomme qui il veut même s’il n’a pas la majorité à l’Assemblée nationale », ajoute que « s’il (PM) est nommé, il a trois mois pour faire sa Déclaration de politique générale (DPG) » devant l’Assemblée nationale, devant être installée au mois de septembre.

Mais, a-t-il relevé, concernant la nomination du prochain chef du gouvernement, « la difficulté réside dans quel camp ou quel choix » au regard de la recomposition politique (résultats Législatives 2022).

Avant de rappeler : « si on se fie à la déclaration du président de la République, (Macky Sall), il avait dit que le Premier ministre allait provenir du camp majoritaire aux élections. Maintenant, je pense que s’il provient du camp de l’opposition, ce sera forcément quelqu’un qui sera choisi non pas par le président de la République en commun accord avec l’opposition. Parce qu’il faudrait que les coalitions (de l’opposition) puissent discuter entre elles pour pouvoir s’accorder sur un profil et même sur la composition du gouvernement. Ça, c’est autre chose, c’est une option.

Aussi, selon le constitutionnaliste, la tête d’affiche de la Coalition Yewwi Askan Wi (YAW), Ousmane Sonko, a également commis une erreur, en soutenant que l’opposant « ne devait pas dire qu’il ne sera pas Premier ministre de Macky Sall. Cela signifie qu’en cas de négociations, son parti pourrait être écarté (au profit) d’autres leaders » comme Khalifa Sall ou Karim Wade.

Selon lui, « il (Sonko) devait dire même si tel est le cas, je peux proposer quelqu’un. Parce qu’il s’est positionné comme le leader de l’opposition. On ne peut pas choisir aujourd’hui un Premier ministre dans l’opposition sans son accord. » D’autant plus qu’a-t-il argumenté, pour les cas de Khalifa Sall et Karim Wade, leur inéligibilité pourrait peser, rappelant que « quand on nomme le Premier ministre, il y a une enquête de moralité qui se fait. Je dis tout le temps qu’ils ont perdu des droits qu’ils n’auraient jamais dû perdre mais les décisions de justice sont là et (elles) sont faites pour être respectées. »

Par contre, si le Pm est issu du camp au pouvoir, le constitutionnaliste estime que le temps est venu pour le Président de choisir parmi les « profils émergents ».
« Le président a essayé un Pm qui n’était pas politique, Abdoul Mbaye, avec certains résultats, a-t-il détaillé. Après, il a choisi dans son camp, Mimi Touré et Boun Abdallah Dione. Pour moi, je pense que c’est le moment (pour lui) de choisir un profil émergent. Il y a, dans ce pays, des gens qui sont dans le secteur privé, d’autres qui sont dans le monde professionnel, dans la société civile, dans le monde des Affaires mais qui sont prêts à donner. J’en connais beaucoup qui pourraient donner cette satisfaction là et montrer au président de la République qu’il n’est plus dans une logique politique mais dans une logique de gouvernance de développement et de construction pour terminer en beauté par rapport à 2024 parce qu’il sera largué (de la présidentielle de 2024) et non partant ».
« Au-delà de l’inéligibilité en 2024, le peuple sénégalais a tranché définitivement la question », a-t-il clos.

Die BA
Abdoulaye SYLLA (Photo)

7 août 2022


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