QUERELLES INTERNES, BATAILLES DE POSITION EN VUE DES LOCALES... L’APR FACE AU SYNDROME DU PDS

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POLITIQUE

Avis de tempête ! La bataille de positionnement fait rage à l’approche des élections locales. Les hostilités étaient déjà ouvertes avant même que la date de leur tenue ne soit fixée, hier. Maintenant que c’est fait, le thermomètre va monter avec la tension allant crescendo. On assiste pour le moment à des guerres intestines avec des combats internes plutôt que des batailles entre pouvoir et opposition. Cela n’est pas sans rappeler une situation vécue il y a quelques années par le Pds, alors au pouvoir...

Dualité Wilane / Abdoulaye Sow à Kaffrine

À Kaffrine déjà, c’est l’escalade entre responsables du même bord politique : Benno Bokk Yakaar (BBY) dans une guerre fratricide sans merci.

Dans leurs réponses suite aux remontrances du ministre de l’Urbanisme, Abdoulaye Saydou Sow, et ses soutiens, les cadres socialistes, s’érigeant en bouclier autour du député-maire socialiste Abdoulaye Wilane, n’ont pas mis de gants.

" Les redevables qui, pendant longtemps, ont été soudoyés avec comme mission de déstabiliser le Parti socialiste (PS), à travers son leader, le député-maire Abdoulaye Wilane, sont démasqués. Ceux-ci, en perspective des Locales, se sentent obligés de s’afficher aux côtés de celui dont l’ambition, le destin destructeur, n’est rien d’autre que de chercher à saborder la flotte socialiste et du coup, mettre en péril la coalition BBY", ont-ils torpillé, dans une déclaration incendiaire.

Les cadres socialistes de Kaffrine de poursuivre : "au sein de la commune, dans le Conseil municipal, personne n’est surpris de voir certains commandos, pour ne pas dire mercenaires, s’afficher aux côtés du manipulateur désespéré, du transhumant imposteur, dont les propos et actes sont nuisibles au président Macky Sall, à la coalition BBY, et à la mouvance."

Selon eux, l’obsession d’Abdoulaye Sow à diriger la mairie est devenue "pathologique".
Sur ce point, ils se veulent clairs : "la troncation ne passera pas. Le débat ne se situe pas autour de la confiance qui nous lie au Président, ni autour de ses bilans et réalisations, mais plutôt autour des actes politiques et politiciens qui sont posés et qui ne s’accommodent pas à la loyauté dans un compagnonnage".
Le successeur d’Abdou Karim Fofana, prenant du galon, et son camp avaient déjà ouvert le feu, au cours du week-end, remontant les bretelles à l’allié politique par ailleurs porte-parole du Parti socialiste (PS), disant "ne pas tolérer qu’au sein de la coalition (BBY), qu’un responsable, en mal de popularité, obnubilé par la reconquête d’un leadership et d’une représentativité à la base qu’il a perdues, puisse continuer à s’attaquer indûment au président de la République."

Parcelles : débuts des hostilités entre Amadou Ba et Mbaye Ndiaye

D’autant plus qu’embrayaient-ils : "ces attaques ou diatribes insidieuses, actes éhontés de plus, dans la panoplie de ses diarrhéiques pamphlets, géométriquement et opportunément lancés contre le Président Sall, sonnent comme un appel du pied d’un desperado au crépuscule de sa vie politique. Parce que se noyant en pleine mer sous l’effet des vagues du renouveau politique."

Aux Parcelles Assainies, la tribune de la conférence des femmes APR a été le théâtre, ce week-end, d’une querelle entre deux ténors locaux de l’Alliance pour la République (APR, parti au pouvoir) en l’occurrence l’ex-ministre des Affaires étrangères, Amadou Ba, et le ministre d’État, Mbaye Ndiaye.

"J’ai duré sur le terrain politique, je comprends les non-dits dès qu’une personne parle. Ce n’est pas la peine de dire à Amadou BA devant le président Macky Sall. C’est clair. Je n’ai jamais dit aux Parcellois ; soutenez Amadou Ba. Je n’ai jamais dit ça et que personne ne me fasse dire cela", avait tonné le second nommé.

Revenant à la charge, il avait asséné : "ce que j’ai dit, c’est que j’ai demandé aux Parcelles Assainies, qu’ils accompagnent Amadou Ba pour soutenir le président (Macky Sall). Je m’engage pour qu’on soutienne le Président, hier, aujourd’hui et demain". Avant de clore : "quiconque prend un engagement pour accompagner quelqu’un d’autre est libre. Mais cette large Assemblée, c’est pour le président. Ce n’est ni pour Mbaye Ndiaye, ni pour Amadou Ba. Il faut que cela soit très clair et nous sommes encore sur le terrain politique pour le soutenir. Il ne peut pas y avoir d’équivoque à ce niveau-là. Et je suis sûr que toi Amadou Ba, tu en es conscient. Et comme je te l’ai dit en privé tout comme en public, ne te laisse pas tenter par ceux qui sèment la zizanie, ils peuvent être partout parents, voisins, compagnons. Ceux qui te poussent à des combats qui ne sont pas les tiens."

La réponse du berger à la bergère : "Mbaye Ndiaye, je suis d’accord avec toi. Le premier défi, c’est le défi de l’unité. Le défi qui suit, c’est qu’on doit oublier nos personnes. C’est pourquoi j’ai dit à Mbathio, mets en avant les femmes et suit les. On n’est pas dans le domaine de la chefferie, c’est d’ailleurs passé de mode. Ce qui peut nous faire gagner, c’est d’être en équipe, qu’on se mette ensemble. Et comme dans tout compagnonnage, il y a du bon et du mauvais, chacun y récolte un bon comme du mauvais que ce soit pour Mbathio, Amadou Ba et Mbaye Ndiaye. Personne ne fait l’unanimité. Depuis que le président m’a amené ici, je m’astreins à une ligne de conduite : c’est que je ne revendique rien. Et nous sommes ensemble pour soutenir et pour appuyer le président (Macky Sall). Je sais que tu es très attaché au président mais permets-moi de te concurrencer sur ce terrain et faire de sorte que tu ne m’y devances pas". Fin du premier round.

Leur leader déjà écarté du gouvernement, le camp d’Amadou Ba acceptera-t-il qu’il ne soit pas investi ? Dans tous les cas, c’est un secret de polichinelle que l’approche des élections locales aiguise toujours les appétits, poussant souvent à la fronde.

Il était une fois, le Pds

La situation n’est d’ailleurs pas nouvelle. Le syndrome du Parti démocratique sénégalais (PDS) guette-t-il l’APR ? Pour rappel, en 2005, alors que son ascension était stoppée par un refroidissement de ses relations avec le Pape du Sopi, l’ex-ministre Modou Diagne Fada, entamant à l’époque une véritable "traversée du désert", avait, pour sa survie politique au sein du PDS, lancé son mouvement Waar-Wi (« Lopin de terre » en wolof). Avant d’obtenir trois sièges au cours des élections législatives de juillet 2007.

En 2009, sa stratégie face à Abdoulaye Wade porte ses fruits puisqu’il fait son grand retour dans le gouvernement en tant que ministre de la Santé et de la Prévention. Il s’agissait, toutefois, de son dernier portefeuille ministériel avant l’élection présidentielle sénégalaise de 2012, remportée par l’actuel occupant du palais de la République, Macky Sall.

La fronde interne des frustrés sur les côtes beige-marron est plus récente. En janvier 2020, l’ancien président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle - BBY, Moustapha Diakhaté, avait lancé officiellement son mouvement "Mànkoo Taxawu sunu Apr / Initiative pour la Refondation de l’Alliance : démarche pour une APR nouvelle", peignant un tableau "apocalyptique" de la locomotive de la majorité présidentielle.

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