RAPPORT DOING BUSINESS 2020 : « LE SÉNÉGAL DOIT SE SURPASSER... »

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INVITÉ MATINALE IRADIO

Dr Thierno Thioune, maître de Conférences titulaire en Economie à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), et Directeur des études du Centre de recherches et de formation pour le développement économique et social (CREFDES), commente le rapport Doing business, plaçant le Sénégal à la 123e place. Comparativement à l’année dernière, le Sénégal a fait un bond en avant de 18 places.

Invité de la matinale ’’Dakar direct’’ d’iRadio, Dr Thierno Thioune commence par rappeler ce qui sous-tend ce Doing business-là, « c’est comme si on parlait de Coupe du monde des pays réformateurs. C’est un instrument qui classe les pays dans leurs efforts à rendre l’environnement de leur économie plus attractif ». C’est dans ce sens, indique-t-il, que la Banque mondiale sort tous les ans ce document, « permettant de voir comment les pays se sont donnés pour rendre leur environnement des affaires plus attractifs ».

C’est ainsi, analyse-t-il, « le Sénégal, un pays à revenus intermédiaires, a fait, cette année, un bond qualitatif très important, il faut le dire, en matière de réformes. C’est pourquoi, on a noté ce gain de 18 places, qui fait passer le Sénégal de la 141e place à la 123e place. Mais ce qu’il faut constater, c’est que l’idée est quand même de permettre à ces pays de pouvoir montrer un peu l’évolution et la bonne santé de leur économie à travers ce classement ».

Comment tendre vers l’émergence

Poursuivant, l’économiste donne un exemple très révélateur en ce sens qu’« il faut 200 heures pour les procédures d’exportations par voie maritime en Côte d’Ivoire, et au Cameroun. Alors qu’il en faut beaucoup moins c’est-à-dire 10 heures pour Singapour, vous voyez combien est la différence. Parce que Singapour est un pays maintenant émergent. Ce qui veut dire que pour aller vers l’émergence, il faut réduire ces goulots d’étranglement, au même moment les coûts dans l’exportation dans les ports encire très élevés dans nos pays, contrairement par exemple, à l’Île Maurice, où il faut au moins 1300 dollars pour faire toutes les procédures. Au Sénégal, le coût se situe à 1600 dollars ».
Le Sénégal hors du top 10 des pays africains ? « C’est une compétition. Au même moment où le Sénégal fait ces bonds en avant, d’autres pays, avec lesquels il partage la sous-région, font également des bons qualitatifs. Prenez par exemple le cas du Togo, qui, même par rapport à l’année passée, avait obtenu des résultats satisfaisants. Donc, c’est comme si le Sénégal devait se surpasser. Néanmoins, il ne faut pas être nihiliste. Le Sénégal a, quand même, entamé des réformes très importantes. Je pourrais en citer deux qui lui ont valu ces performances aujourd’hui : La facilitation de l’accès au crédit – Clés procédures en matière d’impôts ».

Pourquoi l’Afrique est toujours à la traîne même dans le classement du 17e rapport de la Banque mondiale ? Le constat est fait qu’à part le Togo et le Nigéria, pratiquement tous les autres pays africains sont à la traîne. « Ce qu’il faut noter, c’est que ce Doing business examine également les économies qui se sont le plus améliorées. Dans ce cadre, ce Doing business 2020 révèle que les 10 économies qui se sont le plus améliorées en termes de facilité de l’environnement des affaires sont l’Arabie saoudite, la Jordanie, le Bahreïn, le Pakistan et autres. Ce sont des pays qui sont dans une dynamique de plus de 20 ans d’une économie qui se transforme alors que nous entamons notre chemin vers les réformes, vers la transformation structurelle de nos économies. A mon avis, il faut qu’on se donne le temps, pour pouvoir faire les mêmes pas que ces pays ».

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