RASSEMBLEMENTS INTERDITS : AUGUSTIN SENGHOR ET MBAYE DIOUF DIA S’INSURGENT

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gestion de la pandémie

Le dernier communiqué du nouveau ministre de l’Intérieur, Antoine Félix Diome, rappelant l’interdiction de tous types de rassemblements, entre autres, dans les terrains de sport, suscite l’ire des responsables du football sénégalais. Le président de la Fédération sénégalaise de football, Me Augustin Senghor, n’a pas tardé à réagir, pour partager son inquiétude. Pour le candidat à la présidence de la CAF, l’application de cette décision risque de signer l’arrêt de mort du sport sénégalais.

« Il est clair que si c’est mis en application ou renouvelé, ce serait signer l’arrêt de mort du sport sénégalais. Un an ou plus sans pratiquer du sport dans un pays, cela devient inquiétant ! Nous devons jouer parce que les élèves vont à l’école, les étudiants à l’Université, les croyants à l’église et à la mosquée, les cérémonies familiales, religieuses et populaires ont repris de plus belle et j’en passe. Nous devons jouer parce que c’est bon pour la santé publique et pour notre jeunesse », s’est insurgé Augustin Senghor, soulignant justement que depuis l’apparition de la pandémie au Sénégal, le 2 mars 2020, soit plus de 9 mois, la pratique du sport populaire comme professionnel, est quasiment inexistante, avec les championnats à l’arrêt, toutes disciplines confondues.

"L’ARRÊT DE MORT DU SPORT SÉNÉGALAIS"

Un avis partagé par le président de Mbour Petite Cote. Adversaire d’Augustin Senghor lors de la dernière élection de la présidence de la fédération, Mbaye Diouf Dia estime que ce combat doit être porté par tous les acteurs du sport : « Les marchés, les écoles, les transports publics, les cérémonies, etc. sont autorisées. Le sport a payé un lourd tribut et il faut k cela s’arrête. Les syndicats des joueurs et entraineurs doivent aussi se remuer. Le sport a empêché à beaucoup de jeunes de prendre la mer. Faisons très attention pour ne pas avoir des regrets. Le meilleur moyen de lutter contre la Covid est incontestablement la pratique du sport. »

Pour étayer son argument, Augustin Senghor fait le parallèle avec des pays, largement plus affectés que le Sénégal par la pandémie du coronavirus, mais qui ont « mis en place des dispositions pour que le sport continue de manière régulée et responsable », suggère-t-il. Mbaye Diouf Dia embouche la même trompette et constate qu’il n’y a aucun pays actuellement où le sport est interdit. À son avis, le combat doit se mener au niveau des fédérations qui devront s’en tenir à un bon protocole sanitaire. Pour lui, si l’Etat est sensibilisé, il réagira positivement. Ce, d’autant plus que, selon Me Senghor, le monde sportif a jusque là été très réceptif, discipliné et constructif.

Sauf que le mouvement sportif semble être à bout. « Jusqu’à quand devrons continuer à exposer des frais et dépenser nos maigres moyens en tant que clubs, fédérations ou autres groupements sportifs ou d’acteurs sans pouvoir jouer ?, s’interroge-t-il. Nous devons poser le débat avec tout le respect qui sied auprès des autorités. Faire du sport à huis clos et dans le respect des mesures barrières est bien possible. » Un peu comme ce qui se fait ailleurs...

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