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RÉCITS POIGNANTS DE MALADES

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Arrêt de travail, abandon par le mari, des malades racontent leur mésaventure.

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie difficile à vivre. Parce qu’elle constitue un handicap dans la mesure où elle freine l’activité professionnelle des victimes. C’est le cas d’Astou Diagne Ndiaye, journaliste de profession. Faisant face à des douleurs persistantes, la jeune dame s’est vue obliger d’arrêter ses activités professionnelles. Contrairement à Mme Ndiaye, Fatim Ndiaye elle, a été abandonnée par son époux à cause de ses nombreuses hospitalisations. Voici leurs récits.

« Journaliste, j’ai dû arrêter mon travail »
« Je suis journaliste de formation. J’ai pratiqué ce métier pendant plus de 10 ans. Mais j’ai dû abandonner car ma santé ne me permet plus de continuer. Mes crises pouvaient durer plusieurs mois. Avant, les crises duraient un mois maximum. Mais maintenant, je peux rester plusieurs mois, sans pouvoir marcher correctement. Et tout le monde sait qu’il faut être mobile si on veut pratiquer le journalisme. C’est en 2018 qu’on m’a décelé cette maladie, suite à des douleurs au niveau de mes genoux et de mes orteils. Après les premières analyses, les médecins m’avaient dit que c’était la « goutte », (une maladie qui touche plus les orteils et qui est causée par la consommation excessive de la viande rouge). Mais en fin décembre 2018, j’ai commencé à avoir des douleurs au niveau de mes genoux seulement. J’ai fait d’autres analyses. Et c’est là que le médecin m’a dit qu’il s’agit de crises de rhumatisme, rhumatisme articulaire aigu, pour être plus précise. J’ai ensuite cherché un rhumatologue qui m’a ensuite informée qu’il s’agit plutôt de la spondylarthrite. Une maladie qui fait partie de la famille des polyarthrites. Le rhumatologue m’a demandé de faire quelques radios. Parce que j’avais mal au niveau de la colonne vertébrale et au bassin. J’avoue que ce n’est pas facile mais je rends grâce à Dieu. Cela fait environ une année que j’ai arrêté le travail à cause d’une poussée qui perdure. Je suis le traitement, mais j’ai toujours un problème de mobilité. Je ne désespère pas, mon médecin aussi fait son possible pour me soulager. Mais il faut reconnaître que ce n’est pas toujours évident. Et la fraîcheur ne plaide pas en notre faveur.
Pour le traitement, c’est plutôt la cherté des médicaments qui pose problème. Ce qui veut dire que si tu n’as pas les moyens, ce sera très compliqué. La plupart du temps les malades comptent sur les contributions des membres de l’association polyarthrite rhumatoïde du Sénégal. Cette association constitue un véritable soutien moral, matériel et financier pour les malades.

« C’est à cause de la maladie que mon mari m’a abandonnée »
Fatim Ndiaye ménagère relate son histoire. C’est en 2008 que j’ai découvert la maladie, mais je l’avais depuis 2004. J’ai fait plusieurs analyses, j’ai également fait un traitement chez les tradi-praticiens. N’ayant eu aucun résultat, je suis retournée par la suite à l’hôpital et c’est là que j’ai découvert la polyarthrite rhumatoïde. Le traitement est très difficile. A première vue, on semble être bien portante alors qu’on souffre de l’intérieur. Notre entourage ne nous comprend pas. Rares sont ceux qui nous comprennent. En 2008, on m’a diagnostiqué une faiblesse musculaire. C’est par la suite que j’ai repris le traitement à l’hôpital de Pikine, mais avant je me soignais à l’hôpital Le Dantec. Les analyses sont chères de même que les médicaments. Chaque mois, on fait un bilan. Je peux dire que c’est à cause de la maladie que mon mari m’a abandonnée, parce qu’il me reprochait de tomber malade tout le temps. Il ne s’occupait plus de moi. Lorsque j’étais hospitalisée, il ne venait pas me rendre visite. Même pas un appel, c’est par la suite que je me suis résignée à divorcer.

Suzanne SY

7 mai 2022


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