LES AVOCATS DE HABRÉ TACLENT HRW ET EXHUMENT LES FAUTES DU JUGE

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REFUS DE PERMISSION

Le juge d’application des peines a examiné la demande des avocats de Hissène Habré pour une autorisation de sortie de prison de six mois de leur client. Il a refusé cette requête qui a été déposée depuis le 29 mars dernier. Ainsi, il a suivi les quatre rapporteurs des Nations Unies qui avaient rappelé au Sénégal leurs « plus graves préoccupations » quant à une éventuelle sortie de l’ancien président tchadien. Un rejet qui n’a pas été du goût des avocats de ce dernier qui, dans un communiqué, se sont défoulés sur Human Rights Watch (HRW).

Cette organisation, selon les avocats, intoxique l’opinion par toutes sortes de mensonges et d’affabulations afin que leur client demeure en prison. « Récemment, HRW a subi un échec retentissant et a vu ses méthodes dénoncées quand les juges de la Cour Pénale Internationale ont mis à la poubelle tous ses rapports d’accusation montés contre le Président ivoirien pour l’acquitter. HRW a fait pire dans le dossier Habré et continue de le faire, parce que tout simplement, loin de ses statuts, du respect des droits de l’homme qu’elle professe, elle a travaillé en complicité, se partageant les rôles avec l’Etat du Sénégal, l’Etat Tchadien pour aboutir à la condamnation du Président Habré au prix de multiples violations et cette collusion est présente et évidente sur chaque question liée au sort du Président Habré », ont fait savoir les avocats de Hissein Habré en l’occurrence Mes Ibrahima Diawara et François Serres.

« NOUS VIVONS DES MOMENTS DIFFICILES... »

Ils n’ont pas ménagé le juge d’application des peines qui, à les en croire, a rendu une ordonnance qui, curieusement, comporte les mêmes fautes que la précédente, refusant le renouvellement après la première permission. Ainsi, les avocats parlent « d’un copier-coller dramatique, précipité, au bout de 19 jours d’instruction ». D’après les robes noires, « le Juge a tenu à mettre en avant l’avis défavorable de la commission pénitentiaire consultative présidée par lui-même et composée du directeur de l’administration pénitentiaire, du directeur de la Prison, du chef de cour, d’un surveillant et d’un personnel de santé. La culture de l’entre soi comme dirait l’autre ».

En effet, le raisonnement tenu pour refuser la permission est que la question de la santé est du ressort de la direction de l’administration pénitentiaire. Pourtant, rappelle la défense de l’ancien président tchadien, c’est bien en tenant compte des risques pour la santé que la première permission a été accordée par le même juge. « Quand la règle de droit est à géométrie variable ; le juge ne défend plus les citoyens et l’état de droit mais l’Etat contre les droits des citoyens. Quant au risque de la COVID, il est réduit à zéro par le juge qui nous cite les statistiques en baisse du ministère de la Santé, et en conclut, qu’ils sont inexistants. Il a même estimé que l’univers carcéral, le va et vient incessant des prisonniers, des gardes, du personnel en termes de risques est égal dans la maison du Président Habré », ont soutenu les avocats, estimant qu’il y a une bataille médiatique qui a été initiée pour réduire toutes les chances de leur client de bénéficier de cette permission. « Nous vivons des moments difficiles où un système étouffe un homme, ses droits les plus élémentaires, à savoir le droit à la santé. C’est la dure réalité de ce que vivent le Président Habré et sa famille. C’est le présent. L’avenir - ce sera pour chacun d’assumer face à l’histoire les conséquences de ces violations, de reconnaître sa responsabilité directe dans la maltraitance sciemment organisée. Et ce sera un temps de grande solitude », avertissent les avocats.

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