REFUS DE RÉCEPISSÉ : BABACAR DIOP SÛR DE GAGNER CONTRE FÉLIX DIOME

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JURY DU DIMANCHE

Les Forces démocratiques du Sénégal (FDS/Les guelwaars) avaient introduit une demande de reconnaissance officielle de leur parti. Cependant, Babacar Diop et Cie se sont vus signifier une fin de non-recevoir, sous prétexte que la mention « Guelwaars » qui complète le nom de leur formation politique, renvoie à une appartenance ethnique ou identitaire ; ce qui est contraire à la loi.

Invité de l’émission Jury du dimanche sur Iradio et Itv, Babacar Diop, leader dudit parti a soutenu que l’affaire a été portée devant la Cour suprême. Et que si la justice est rendue correctement, dit-il, le FDS/Les guelwaars est sûr de gagner devant le ministre de l’Intérieur, Antoine Diome. Parce qu’ils ont des arguments scientifiques pour défendre le dossier. « Et s’il faut enlever le nom guelwaar, il faut enlever le nom Sénégal. Et je sais que devant le juge nous gagnerons ce procès. Je discutais avec le Pr Boubacar Diop, membre de l’écriture de l’histoire générale du Sénégal, qui m’a donné un volume de l’histoire générale du Sénégal qui signale que le Sénégal vient de « Sine gana ». Les mots naissent, grandissent et voyagent. Nous refusons de changer de nom parce que c’est une bataille culturelle. Nous pensons que la résistance politique doit se fonder sur une nouvelle épistémologie. Pendant longtemps, nous avons ignoré nos cultures, nos expériences, nos propres théories. Et nous pensons que nous devons valoriser, promouvoir une nouvelle manière de concevoir l’émancipation et la libération non ethnocentrique. Nous pensons qu’il y a des théories et des pratiques politiques endogènes qui peuvent nous permettre de repenser une société alternative », a dit le Dr Babacar Diop. A l’en croire, il y a une médiation avec Alioune Tine. Mais jusque-là, il y a eu un blocage parce que le ministre est resté sur sa position.

« Le fait que le ministre de l’Intérieur refuse de nous donner le récépissé est une méprise »

Revenant sur l’histoire du mot « Guelwaar », il déclare : « Nous avons voulu partir de notre propre imaginaire, notre propre mémoire collective, notre propre mémoire historique, c’est-à-dire partir de nos propres réalités parce qu’il faut penser et agir en africain. En prenant Guelwaar, c’est que nous nous identifions aux valeurs de guelwaar qui vient du malinké. Ce mot signifie au sens propre guerrier de la bataille, fauve de la bataille. Et au sens figuré les seigneurs de la guerre, les seigneurs de la paix », a dit le Dr Babacar Diop selon qui, ce n’est pas un groupe ethnique. « Au départ c’était un groupe de guerriers qui était dans le Nianing de Soundiata Keïta et qui vont migrer plus tard pour aller au Ngabou pour venir ensuite s’installer au milieu du 14e siècle dans le Sine Saloum. En vérité, les guelwaars ont traversé tout l’espace de la Sénégambie même tout l’espace de l’ouest africain. C’est pour vous dire que guelwaar, on le retrouve chez les Sérères, les Malinkés, les Al Puular, etc. C’est la raison pour laquelle le fait que le ministre de l’Intérieur refuse de nous donner le récépissé est une méprise », a dénoncé l’invité du Jury du Dimanche.

Il rappele par la même occasion que les guelwaars ont été princes du Sine. Il y a eu deux Damels du Cayor qui étaient des guelwaars. Il y a eu un Bourba du Djolof qui a été un guelwaar, … « Donc, poursuit-il, guelwaar c’est le symbole de notre métissage linguistique, culturel et même j’allais dire ethnique. Vous savez que la Constitution interdit à un parti de s’identifier à une ethnie, une race, une religion, une langue, une région. Et donc, Guelwaar ne fait pas référence à une ethnie même si ce n’est pas l’avis du ministre de l’Intérieur », explique Diop.

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