RÉOUVERTURE DES MOSQUÉES ET ÉCOLES : DES SOCIOLOGUES EXPRIMENT LEURS INQUIÉTUDES

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LR DU TEMPS

Avec l’apparition du coronavirus au Sénégal, des mesures d’urgence ont été adoptées. Parmi celles-ci, la fermeture des mosquées et des écoles. Le Sénégal a prévu d’ouvrir les salles de classe le 4 juin prochain. Mais pour les mosquées, même si certains réclament leur réouverture, aucune décision n’a encore été prise en sens.

Sociologue environnementaliste et consultante, Aoua Bocar Ly, invitée de l’émission LR du temps n’est pas allée par quatre chemins pour mettre son véto à la réouverture des mosquées en cette période où la maladie gagne de plus en plus du terrain au Sénégal. « Je ne suis pas d’accord qu’on rouvre les mosquées. C’est un peu forcé les choses. C’est vrai que c’est un peu difficile de ne pas aller à la mosquée en plein mois de ramadan mais, à mon avis, ce n’est pas la fin du monde », a-t-elle déclaré. Poursuivant elle estime qu’on ne devrait pas être plus royaliste que le roi. Ce parce que, le prophète Mouhamed (PSL) quand il y a eu une épidémie, a demandé aux gens de rester chez eux. Donc, elle pense qu’il y a une situation particulière et actuellement, ce n’est pas le moment de rouvrir les mosquées.

IL FAUT VIVRE D’ABORD AVANT DE PRIER

Son co-débatteur, Dr Ibrahima Khalil Niang sociologie du développement et relations internationales abonde dans le même sens. Selon lui, s’il y a une leçon à retenir, c’est qu’il n’y a pas de certitude majeure avec cette pandémie. Mieux, M. Niang considère que la vie est plus importante que le culte car, pour lui, il faut vivre d’abord avant de prier. « Il faut prendre le temps nécessaire de finir avec ce virus avant de penser à la réouverture des mosquées. Je pense que ce serait assez hasardeux de rouvrir les mosquées et de permettre que les fidèles y retournent. On n’a pas des garanties par rapport aux mesures qui vont être prises par les uns et les autres. Puisque une fois que les mosquées sont ouvertes, toute personne pourrait y rentrer et vous ne pouvez pas exercer un contrôle à la porte en disant que telle personne va entrer, telle autre ne va pas entrer », prévient-il.

S’agissant de la réouverture des classes, il pense que l’enseignement en ligne peut être privilégié actuellement pour continuer les cours. A l’en croire, il y a une dangerosité à vouloir rouvrir les salles de classes. « Je pense qu’avec ce virus, il faut de la prudence et beaucoup de prudence », avertit Dr Niang. La sociologue AOUA Bocar Ly estime qu’à l’état actuel de la maladie on ne peut pas rouvrir toutes les salles de classes. Elle pense que priorité doit être donnée aux classes d’examen et, ajoute-t-elle, même cela requiert une organisation rigoureuse. Il faut respecter les mesures barrières telles que le port du masque, la distanciation sociale, la prise de température, le lavage des mains. En sus, elle estime qu’il faut produire de la nourriture à ces élèves afin qu’ils n’aillent pas en chercher ailleurs.

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