REQUIEM POUR LE GÉNÉRAL MAMADOU NIANG

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CONTRIBUTION - HOMMAGE

Un homme bon, un homme de bien nous quitte sur la pointe des pieds, sans crier gare comme pour ne pas déranger nos pauvres âmes. À l’image de la vie austère et discrète qu’il a menée après les bons et loyaux services rendus à la République. Le Général Mamadou NIANG ne sortait pratiquement pas de son domicile distant du mien d’à peine cinquante mètres. Sauf pour faire quelques pas, histoire de se dégourdir les jambes de temps en temps. Je revois encore sa silhouette marchant au petit trot, les mains sur le dos légèrement voûté, déambulant dans cette ruelle qui jouxtait nos maisons. Il était d’une humilité proverbiale, nonobstant les hautes fonctions qu’il a occupées. Pour ainsi dire, il n’avait pas la grosse tête.

De loin mon aîné, il ne manifestait aucune condescendance à chaque fois qu’on se rencontrait. Loin s’en faut. Il me fit l’amitié et l’honneur de prendre part à la cérémonie de dédicace de mon livre sur le Cardinal Théodore Adrien SARR, et, plus tard, de mes recueils de poèmes. Toujours aux premières loges, endimanché, strict dans son port. Il me vouait une grande sympathie qu’il manifestait à chacune de nos rencontres ou des appels téléphoniques qu’il nous arrivait d’échanger. Une anecdote : je partais faire une course quand je l’ai trouvé devant la porte de son domicile devisant avec un homme d’un certain âge. Etant paralysé des membres inférieurs, ce dernier ne pouvait pas descendre de sa voiture. Le Général fut donc contraint de l’accueillir ainsi. Dès qu’il m’a vu, il lance de sa voix suave :" Marcel vient que je te présente un de mes anciens collaborateurs qui, malgré son handicap, a tenu à me rendre une visite de courtoisie". Et voilà le visiteur parti pour une tirade de louanges au Général, trémolos dans la voix, à telle enseigne qu’il a fini par sangloter. Touché au plus profond de lui-même, il a eu les yeux perlés de larmes. Cette scène surréaliste dont je fus témoin occulaire, deux amis d’âge honorable ayant cheminé ensemble se rendant la politesse, restera à jamais gravée dans ma mémoire.

Phénomène de transfert, j’étais moi aussi transi d’émotion. Ne sachant pas où me mettre, selon l’expression consacrée. Je découvrais alors un aspect que j’ignorais de lui : sa profonde sensibilité, signe clinique par excellence d’humanisme, de générosité coronarienne chez ce grand serviteur de l’État. La toute dernière fois que nous avons parlé, c’est au lendemain du décès de son ancien Directeur de cabinet, le magistrat Cheikh Tidiane DIALLO (Paix à son âme), il y a seulement quelques jours. J’avais tenu à lui présenter mes condoléances attristées, ayant eu moi-même à collaborer avec le défunt au ministère de la Justice. Comme à son habitude, pour conclure notre conversation, mon Général avait longuement prié pour ma modeste. Avec une ferveur rare. Comme s’il me disait adieu...

À Dieu nous appartenons, à Dieu nous retournons. Pieuse formule. Puisse t’il lui accorder son Pardon et lui réserver le meilleur accueil au Paradis. Reposez en Paix !

Par Marcel MENDY
Journaliste Écrivain
E-mail : marcel3mendy@yahoo.fr

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