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RESTAURATION DU POSTE DE PM, LA SURPRISE DU CHEF

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2021 tire à sa fin. Pour l’occasion, Emedia lance une série d’articles revenant sur les dix faits marquants de l’actualité durant l’année écoulée. Ce jeudi, retour sur le rétablissement de la fonction de Premier ministre.

Tout comme sa suppression, en mai 2019, la réhabilitation du poste de Premier ministre a surpris plus d’un, au mois de novembre 2021. À part le chef de l’Etat qui a, du reste, seul, cette prérogative, personne d’autre ne la voyait venir. Ainsi, en Conseil des ministres du 24 novembre 2021, le projet de loi, devant instaurer le retour du poste de Pm, est adopté. Le 10 décembre, il est voté en séance plénière à l’Assemblée nationale par une écrasante majorité des députés. Et même si après promulgation, le président de la République aura 15 jours pour nommer le Pm, il a décidé de décaler jusqu’après les élections Locales qui vont se tenir le 23 janvier 2022.

Les arguments défendus par le pouvoir pour légitimer cette volte-face sont, entre autres, la gestion de la crise sanitaire, l’agenda international de Macky Sall, qui va prendre la tête de la présidence de l’Union africaine, en 2022. Mais, sur l’exposé des motifs du projet de loi, il est mentionné autre chose. Il s’agit plutôt d’un retour dicté par « le changement de paradigme, récemment intervenu au plan de la gouvernance de l’Etat, consécutivement à l’institutionnalisation des politiques publiques et l’émergence d’une culture de gestion axée sur le développement, recommande une rationalisation de l’exercice des attributions ministérielles, par un réaménagement de la structure du gouvernement ». Le texte indique : « Pour prendre en compte les impératifs de relance de l’économie nationale et d’une meilleure coordination de la mise en œuvre des politiques publiques, il est apparu nécessaire de restaurer le poste de Premier ministre. Ce dernier se voit assigné, par la Constitution, d’une mission de coordination de l’action gouvernementale, sous l’autorité du président de la République. »

Contrôle parlementaire renforcé

Cette restauration du poste de Pm, qui « conduit et coordonne la politique de la Nation », consacre aussi « la réintroduction de la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée nationale, et le pouvoir de dissolution de celle-ci dévolu au président de la République ». L’article 86 dudit projet dispose que « l’Assemblée nationale peut provoquer la démission du gouvernement par le vote d’une motion de censure » et l’article 87 nouveau souligne que « le président de la République peut, après avoir recueilli l’avis du Premier ministre et celui du président de l’Assemblée nationale, prononcer, par décret, la dissolution de l’Assemblée nationale ».

La suppression du poste de Premier ministre n’est pas une nouveauté. Les deux premiers présidents de la République du Sénégal, Léopold Sédar Senghor tout comme Abdou Diouf, ont tous procédé à la suppression de ce poste avant de le restaurer. Après la crise politique de décembre 1962, qui a opposé le président du Conseil Mamadou Dia, au président Senghor, le régime parlementaire bicéphale instauré depuis la création de la fédération du Mali, est remplacé en 1963 par un régime présidentiel classique dans lequel l’UPS (Ndlr : le parti politique de Léopold Sédar Senghor) deviendra parti unique jusqu’en 1976. Ainsi, le poste de PM a été supprimé. De 1963 à 1970, le président Senghor a gouverné seul sans un Pm. C’est après approbation de la décision par un référendum, que la fonction est revenue en 1970 et Abdou Diouf l’occupe. Le régime devient alors semi-présidentiel. La fonction est à nouveau supprimée entre 1983 et 1991, puis entre 2019 et 2022.

Qui va occuper ce poste au lendemain des Locales ? Donnons notre langue au chat…

Babacar FALL

23 décembre 2021


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