RETOUR EN DÉTAILS SUR LE PROCES DES RESPONSABLES DU CESTI

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JUSTICE

Le Cesti lave son linge sale au tribunal. La troisième chambre du tribunal correctionnel de Dakar a, jugé, ce mardi, le procès opposant la direction du Cesti au secrétaire général du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur section Cesti (SAES/CESTI), Moumini Camara. Ce dernier est poursuivi pour diffamation et injures publiques par la directrice Madame Cousson Traoré Sall et Dominique François Mendy, responsable pédagogique dudit institut. Ils lUI ont servi une citation directe suite au communiqué divulgué par le SAES/ CESTI pour remettre en cause les 52 attestations qui ont été délivrées à des étudiants béninois.

Devant le prétoire, Moumini Camara a nié les faits qui lui sont reprochés dans la mesure où, dit-il, le communiqué incriminé a été diffusé par le syndicat et ne porte pas sa signature. « On ne peut pas m’imputer la paternité du communiqué indexé. C’est dans la collégialité que les décisions du syndicat se prennent. Sur une question cruciale, c’est l’ensemble des membres du bureau qui se réunissent pour définir la décision à adopter », a expliqué le prévenu qui conteste le contenu de la citation qui lui a été servie. Selon lui, dans le communiqué, ils n’ont jamais parlé de « gestion boiteuse » et n’ont pas traité « de chien » le sieur Mendy.

« C’est moi qui ai envoyé au communiqué à la presse. Nous ne sommes pas en conflit. Cette affaire est une question dont les enjeux sont exclusivement pédagogiques. C’est en rapport avec les attestations qui ont été décernées à des étudiants béninois en violation des textes qui régissent le fonctionnement du Cesti. Les attestations ont été délivrées sans la délibération du comité pédagogique », a soutenu M. Camara.

Sa version des faits a été battue en brèche par les plaignants. M. Mendy a déclaré qu’ils l’ont traité « de menteurs et de chien ». « J’ai enseigné des années mais c’est la première fois qu’on me traite de menteurs. On me traite de chiens or, je ne marche pas à quatre pattes. J’ai le droit de dire non à ces accusations. Ce n’est pas décent de s’adresser comme ça à un collègue. Je n’accepterai pas qu’un collègue plus jeune que moi me traite de chien », prévient M. Mendy.

« J’ai demandé qu’une commission d’audit soit envoyée au Cesti »

La directrice du Cesti a abondé dans le même sens pour dénoncer les propos qui ont été portés contre sa personne par M. Camara. D’emblée, elle est revenue sur les tenants et les aboutissants de la délivrance des 52 attestations aux étudiants béninois. Elle renseigne avoir été à Cotonou pour finaliser cette formation qui a été suspendue pendant quatre années. Mieux, elle dit ne pas savoir pourquoi on dit que sa gestion est « boiteuse » alors que cette formation s’est faite dans les règles de l’art.

« Je n’ai pas compris pourquoi on m’accuse de blanchiment de diplômes et de faussaire. Nous n’avons pas réglé ce problème au sein de notre université parce que ce n’est pas une affaire pédagogique. Ces accusations portent atteinte à mon honorabilité », a déploré la directrice du Cesti qui dit avoir sollicité qu’une commission d’audit soit envoyée au Cesti pour que tous les professeurs soient audités pour que, dit-elle : « je puisse comprendre pourquoi ils me traitent de faussaire ». L’avocat des parties civiles a dénoncé l’attitude du prévenu devant le prétoire.

A l’en croire, il s’attendait à une personne qui assume ses propos avec courage et détermination. « C’est une personne qui vient de se dérober derrière un syndicat. Je suis un peu déçu », a regretté la robe noire, indiquant que les images de ses clients ont été ternies. « C’est lâche d’assimiler son handicap à une gestion boiteuse. Or, elle a eu cet accident au cours d’une mission universitaire », a fait Me Wellé. Lequel a réclamé, pour chacun de ses clients, le montant de 25 millions de francs CFA en guise de dommages et intérêts. Pour sa part, l’avocat de la défense, Me Moussa Sarr a plaidé le renvoi des fins de la poursuite sans peine ni dépens.

L’avocat estime qu’on ne peut pas engager la responsabilité pénale personnelle de son client dans la mesure où il n’est pas l’auteur du communiqué incriminé. « Le simple fait d’envoyer ce communiqué à la presse ne fait pas de lui l’auteur. Il est attrait devant le prétoire parce qu’il fallait traduire quelqu’un dans le cadre d’un règlement de compte », a plaidé l’avocat. L’affaire est mise en délibéré pour jugement qui sera rendu le 14 janvier 2020.

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